Chrono Cross Surfing Company
Je l’avoue, j’ai abordé ce Final Fantasy avec pas mal d’appréhension. Parce que j’ai fait ceux qui ont précédé, et parce que le XIV est sorti depuis un moment quand j’écris ces lignes, donc j’ai vu ce qu’est devenu FFX-2, le syndrôme Star Wars au développement Fantastic Four-like du XII, et j’ai aussi vu FF XIII et ses chantres qui ne le vantent qu’avec ce qu’on trouve dans le grind de Pulse. Je parle même pas du design bâclé/bateau du XI qui pense que mettre un pont de pierre naturel au-dessus d’une ville c’est chôôôôli. En dehors de toute considération tactique, par exemple des ennemis qui attaquent le mur de la ville au lieu de la bombarder d’en haut. Passons.
Donc une galette trouvé à 5€ dans une boutique d’occase, en même temps je l’aurais pas pris à plus. Je connaissais déjà les grands tenants de l’histoire, suivis quand j’étais gamin à la sortie du jeu sur la PS2 d’un copain. Et pourtant, passé l’introduction, j’ai été agréablement surpris. Bon, ça reste un FF, et ça reste du Square ; en mille ans, la monnaie, la langue, la taille des gens et les putains de règles d’un sport populaire n’ont pas changé d’un yota, y’a des monstres sur une route qu’empruntent des gens pour aller d’une ville à l’autre, Yuna + Tidus c’est bien téléphoné, tiens d’ailleurs j’ai 17 ans, j’en fais 22/25 et je suis champion mondial de sport etc. Et ce sphérier m’a quand même l’air d’une putain de fausse bonne idée. Kikoulol y’a plus de niveau de personnage, y’a des paliers d’avancement pour progresser sur un chemin tarabiscoté mais linéaire qui upgrade les persos petit à petit. Bonjour la révolution ; à ce niveau , les deux jeux sortis par Arkane (Arx Fatalis & Dark Messiah of Might and Magic) étaient beaucoup plus convaincants.
Toutefois, surtout comparé à ce qui l’a précédé et à ce qui le suit, ce FF est étonnamment fouillé. Je vais être ordurier, il est étonnamment subtil.
Par exemple, sur les routes précitées, y’a des gens qui patrouillent pour protéger les voyageurs. On n’est pas le seul groupe à essayer de sauver le monde. On se ballade pas sur une world map à parcourir des milliers de kilomètres en 2-2, on se farcit des routes à traverser. Bien sur, c’est cloisonné et illusoire - parce sinon la journée de bateau équivaudrait à vingt minutes de marche - mais y’a l’intention de faire non pas dans le crédible, mais dans le plausible, que le monde soit un minimum cohérent ; ça implique plus de travail de fond et de moyens mis là-dedans, d’où sans doute ces couloirs-fu. Le syndrome des couloirs est particulièrement énervant, en même temps c’est pas comme si les FF étaient un Baldur’s Gate, mais à ce point-là merde, quoi ! Ce jeu est un monument de porte-monstre-trésor transformé en couloir-monstre-cinématique. Chose étonnante pour un J-RPG, les dévs ont vraiment pensé mentalités des peuples pour les construire ; presque uniquement pour les humains, malheureusement. Et la où je ne l’attendais pas du tout, il traite ses sujets de façon étonnamment adulte, eut égards de ce qui a précédé. Le traitement du religieux par le politique, l’interprétation des faits par les gens du peuple et leur rapport à la foi, le mariage arrangé, le sens du devoir, le rapport à la mort face à la catastrophe, tous ces trucs-là sont bien ficelés, et les très nombreuses courtes cutscenes (outre le fait de fouiller les personnages principaux qui restent dans des cases assez simples et stéréotypées) permettent non pas de balancer ces sujets avec la subtilité d’un tracto-pelle dans un King Jouet (glose d’FFIX, amarite ?), mais d’en rajouter par petites touches et de construire sur le long-terme.
Notamment la première scène où la naïve Yuna envoie les âmes vers l’au-delà. Je reconnais que c’est extrêmement subjectif, mais j’ai vu cette scène comme un aveu d’échec du IX de parler du rapport à la mort sans avoir besoin de gloser à côté. Après ça reste du Square, hein, le coup du mariage à Bevelle c’est du meublage pur et simple, et ça part en cahuète dans le cliché du « je tue un monstre mythique, je bousille des régiments entiers, et dans la cutscene je me rends face à six péquins ». Et même si cette histoire de mariage est bien amenée, avec ce que devient le marié, ses motivations deviennent juste n’importe quoi.
Toutefois, cette manière de procéder justifie à elle seule le caractère tête à claques et boulet de Tidus (même si ça ne l’excuse pas de garder ses fringues de surfeur quand il part en pèlerinage pour sauver le monde. La même chose est valable pour Wakka. Et pour Lulu qui se ballade en robe de soirée goth hype dans la cambrousse. Et Rikku en mini-juppe dans la montagne. Mais rappelez-vous, on était en 2002. Passons). Dans ce monde d’adulte, il est le gamin qu’est censé être le joueur (rappelez-vous, les FF étaient pas prévu pour des trentenaires. Avoir entre treize et dix-huit ans à l’époque était, je crois, dans la norme), et sa voix off, posée, réfléchie, contraste avec son rôle de chien fou vantard. Cette voix est l’adulte qu’il est devenu, collant à ce fameux pèlerinage l’étiquette obligée du rite de passage… En posant d’emblée l’avant et l’après, et la question du comment. Au moins, le débarquement dans un monde dont on ne sait rien change de la putain d’amnésie, et c’est pas plus mal. Mais, comme égrené ci-avant, ce FF n’est pas exempt de défauts.
Certaines cutscenes sont vraiment très très con, et certaines résolutions de crises sont complètement à la ramasse. Même si je comprends l’utilité de celle où Yuna et Tidus se forcent à rire, ces VOIX les PUTAINS DE VOIX ! C’est horrible à écouter, le doubleur qui interprète Tidus fait très bien le chien fou, mais il n’a aucun talent pour verser dans le pathos. La scène où il se rend compte de ce que fait vraiment Yuna passe, mais tout juste ; et certainement pas grâce à lui. Au sujet des voix d’ailleurs, la plupart sont correctes, mais quelques unes font grincer des dents, notamment en levant toute ambiguïté dès le départ sur un personnage précis, ou celle de Tidus, beaucoup trop âgée pour les dix-sept ans qu’il est censé avoir (en même temps il a le corps de quelqu’un de 25, ceci expliquant peut-être cela ; d’ailleurs certaines cinématiques le font apparaître beaucoup plus asiatiques qu’il ne l’est in-game.) ; heureusement, c’est plutôt pour les seconds rôles ; les personnages principaux, à part Tidus-chien-fou-vantard et Yuna-la-force-naïve, tiennent bien leurs cordes.
Cela dit, le mini-jeu de Blitzball est bien pourri. Outre un tutoriel chiant à mourir, tu ne comprends rien à ce qui se passe. Et je parle même pas des monstres qui sont un nombre ridicule de formes adaptés à toutes les couleurs de part le monde (mis à part quelques bestioles impressionnantes, qui font remarquer que pour une fois, les altérations d’état servent à quelque chose). Ca ne rend pas les affrontements moins énervants quand ils arrivent TOUS LES PUTAINS DE TROIS PAS ! AH MAIS C’EST PAS POSSIBLE JE VEUX POUVOIR AVANCER SANS TOMBER TOUTES LES DEUX SECONES SUR UN COMBAT DE MEYRDE !!! Ni d’ailleurs les invocs qui prennent trois plombes à se lancer, à ces boss qui passent de bien durs et tendus à ridiculement faciles une fois que les chimères ont chargé leur barre d’overdrive (= grosse colère), et à ce level up omniprésent qu’on est obligé de faire pour passer les boss. Je touche à la fin, j’arrive au bout des grilles personnelles de chaque personnage. Quand je pense que certains ahuris ont poussé le vice jusqu’à remplir COMPLETEMENT leur sphérier pour chaque bonhomme, j’ose même pas imaginer le temps qu’ils ont… euh… perdu ? Gaspillé ? J’hésite. Au moins les boss cachés de Digital Devil Saga sont magnifiques et reprennent pas tes propres invocs et ils débloquent des compétences qui leur sont propres ; et ils ne nécessitent pas un grind excessif. Alors que là…
Et je parle même pas des quêtes annexes de MEYRDE qui obligent de faire du grind, du grind et encore du grind. Et du level up aussi. Aucune histoire, non non, tu passes ton temps à tabasser un nombre risible de mobs jusqu’à la fin des temps pour avoir le droit de tabasser des skins déjà vues avec des stats surboostées. Voilà.
Franchement, ça blase, et c’est bien dommage.
Au final c’est un jeu assez difficile à noter, parce qu’il a plein de défauts extrêmement énervants, des petits trucs qui font grincer des dents, mais il a également de grandes qualités, et des petits riens qui font qu’il marque.
Zelda Twilight Princess ?
Je suis décevu. Et vous allez m’aimer.
Aujourd’hui je vais m’énerver sur
Twilight Princess (oui, mon titre était un spoiler, je suis méchant tout ça
tout ça). Je passerai sur les sauts de quinze mètres sous forme de loup qu’on
ne peut faire qu’à CERTAINS endroits qui, sans qu’on sache trop pourquoi, ne
sont pas faisables ailleurs (ah si en fait on sait : y’a une énigme à
résoudre sous forme humaine. Ou alors faut y aller en chocobo poulet
doré). Et sur le trip habituel des trophées de foire sous forme de sac de
bombes et de carquois géants, d’une ville qui ne s’inquiète pas le moins du
monde de ne plus avoir le moindre contact avec la citadelle qui la domine et
autre parcs d’attractions qui a l’air de bien tourner alors qu’il sont séparés
des foyers de population par des hordes de monstres. Ni tiens, sur les portes
d’une ville fortifiée qui restent TOUJOURS ouvertes malgré un loup qui traverse
la ville tous les deux jours et des gobelins qui campent juste devant. Oui !
Passons.
Je vais râler sur l’un des derniers donjons. Non, apa spoiler, c’est Zelda n’oubliez pas. L’histoire de Link l’autiste qui se retrouve bon gré mal gré catapulté dans une aventure d’où qu’il y a une princesse Zelda à sauver d’un vilain Ganondorf avec une triforce qu’il a piqué, et cette équipée sauvage se fera en réunissant trois bidules, après quoi tout ira mal, puis Link trouvera Excalibur dans la forêt, il ira tabasser des gens un peu partout pour réunir un autre machin qui lui donnera accès à Ganon pour lui latter la face. Voilà. C’est comme ça depuis la NES, alors me dites pas qu’on peut encore faire des spoilers majeurs sur un Zelda.
Donc. Avant de rouspéter sur ce donjon, quelques détails sur ce monde de Zelda : le royaume où se passe l’histoire est supposé être issu d’une culture évoluée qui vit dans les cieux. Pensez bien, on est dans un jeu japonais. Si on vous fait mention d’une civilisation antique presqu’oubliée, vous allez FORCEMENT y aller. FORCEMENT. La preuve : c’est l’avant-dernier donjon. Donc on se retrouve dans une ville volante faite pour des dimensions humaines. Une ville taillée dans la pierre, classique au possible, avec des hélices qui la maintiennent en l’air et tout et tout.
Déjà, j’ai trouvé le design un peu douteux au vu du reste du jeu. Des structures qui ressemblent à des œufs avec des couleurs de Pâques affadies… Mais attendez c’est pas fini : cette cité volante en PIERRE a été construite par… des poules. Oui. Des bestioles qui parlent, qui vendent des bombes alors qu’elles ne s’en servent pas, qui se conduisent comme des poules et qui n’ont pas de PUTAINS DE MAINS POUR CONSTRUIRE QUOI QUE CE SOIT ! J’aimerais comprendre ce qui est passé par la tête des scénaristes, et de Myamoto lui-même pour valider un truc aussi absurde ! C’est pas possible, il était sponsorisé par l’association des poules de Pâques ou par la mafia volaillère, c’est pas possible autrement ! Ces bestioles sont au mieux des mascottes, alors expliquez-moi POURQUOI c’est la sempiternelle civilisation disparue ?
A la limite, ça aurait pu être des animaux de compagnie, ou des amis de la civilisation disparue, ils pourraient en transmettre le souvenir, tout et n’importe quoi, mais pas un truc aussi débile ! D’ailleurs si les poules sont vraiment ceux qui ont construit tout ce bazar, vu qu’elles sont toujours là, pourquoi ça tombe à moitié en ruine ? Vous voyez des poules construire le Musée Gaudi et le faire voler avec des hélices de péniche ?
… Moi non plus.
Et puis sans déconner, on se rend dans cette cité. Oui. Avec un canon. La encore, ça passe. C’est pas censé être réaliste non plus, sinon le boulet plus gros que soi on le rangerait pas dans la sacoche avec les deux armures, les flacons, la canne à pêche et tout le bastringue, ou alors le cheval ne viendrait pas en deux-deux quand on le siffle aux quatre coins du royaume. Mais donc, ce canon. Il tire sans viser vers une cité dont personne ne connaît l’emplacement, dont une poignée d’érudits se souviennent de l’existence ! Sans parler du fait qu’il a été déplacé en cours du jeu, même si on admet qu’il a une visée magique, et qu’elle ne s’est pas déréglée pendant tous ces millénaires passés dans la cave, la cité volante, elle bouge pas ? Non ? Elle reste fixe ?
Vous allez pas me dire que c’était si compliqué de faire un nuage plus épais que les autres dans le ciel, et qu’il faille le viser avec le canon ! Et vous allez pas me dire qu’il était impossible de faire un niveau dans le nuage, avec du blanc cotonneux partout ! Bon, on aurait pu scripter le premier atterrissage, et faire qu’ensuite Link atterrisse n’importe où dans la zone. Et la cité volante ! Est-ce qu’elle aurait pu être autre chose qu’un Château dans le Ciel au rabais ? S’il vous plaît ? Pourquoi, alors que la transition entre les Bois Perdus et le Temple est une telle réussite d’imprégnation, pourquoi la suite directe doit-elle être aussi bâclée, ratée, bidon, bateau, et autres force expression toutes imprégnées de rage-fu ?
Vous allez pas me dire que c’était impossible pour une Gamecube (ou une Wii, mais je vous rappelle que c’était initialement prévu pour le cube de Nintendo, hein) de faire de la sculpture sur nuage et que la cité soit une sorte de nuage taillé avec des bouts de terre ramenés d’en bas à moitié en ruine, une sorte de fantôme cotonneux nimbé de brouillard surréaliste… Les poules seraient devenues des genres de mémoires de cette civilisation disparue. Il aurait pu y avoir des portails qui permettaient de faire plus ou moins ce qui permettait d’entrer dans le temple du temps pour débloquer certaines zones, de jouer sur cette dichotomie entre la ruine brumeuse et la splendeur désolée ; un peu dans le genre de ce qu’à fait Warrior Within au niveau de son ambiance.
Ca avait du potentiel. Mais vraiment !
Un potentiel énorme. Un gâchis pareil, ça me rappelle la frustration de jouer à Scrapland. Ouaip.
Cela dit, ne vous méprenez pas, j’aime bien ce Zelda. C’est un Zelda mâtiné d’Okami* et de Seigneur des Anneaux, des morceaux de Shadow of the Colossus et du Château dans le Ciel par-ci par-là. Il a des moments épiques de combat monté, de tension dans les premières transformations en loup, de très beaux tableaux, et pas seulement dans la forêt. Mais là, franchement, ce donjon en particulier, je ne peux pas, il fallait que ça sorte. Après la claque que je me suis prise en entrant dans le temple du temps, en passant près d’une heure à aller du présent au passé dans un tableau où il n’y avait rien à faire d’autre que traverser une salle, la douche a été glaciale, fichtre-foutre.
Je voulais aussi parler de la confrontation avec le faux grand méchant, mais je vais éviter parce que sinon je sens que je vais devenir vulgaire. Et je ne parlerai pas du dernier donjon qui donne l’impression que les développeurs en avaient marre et étaient pressés de finir.
*Je sais. Okami est sorti presque en même temps, et la sortie de Twilight Princess avait été décalée de 6 mois par Nintendo alors que l’équipe de développement déclarait le jeu « presque fini ». Mais quand on regarde l’histoire visible de TP, Nintendo avait d’abord fait du teasing Wind Waker 2 avant de révéler qu’en fait ils bossaient sur un Zelda mature, et la première présentation à l’E3 2004 tirait sur le SdA. Pas de Midona, ni de loup. A peu près au même moment, Capcom a annoncé la sortie d’Okami. Bizarrement, à l’E3 suivant, Link se changeait en un loup qui avait quelques allures cell-shadées. J’ai franchement BEAUCOUP de mal à croire qu’il n’y a pas un lien de cause à effet.
Les films de jeux ne font pas bander mémé
Alors oui, il y a quelques adaptations de films en jeu qui valent le coup d’être jouées (c'est-à-dire qui ne sont pas unanimement reconnues comme étant médiocres, arrêter de croire que votre avis de gamer fait l’unanimité de par le monde) : King Kong, Arthur & les Minimoys, le premier Riddick (je ne cite pas le deuxième par ce que je n’y ai pas joué, je ne suis pas en train de ne pas appliquer ce que je viens d’énoncer petit sakakakophile folâtre), Rustin Parr, Kotor (quoique il s’agisse d’un cas un peu particulier), mais bon, BREF, il existe des films qui ont été transcrits en jeux corrects voire excellent pour certains (le premier Riddick était en cela remarquable : un FPS adapté d’un Vin Diesel porté de la console au PC qui s’est révélé être l’un des meilleurs de l’année, c’est dire). Et je n’ai pas joué à Avatar ni à Bee Movie parce que mes manches sentent le chocolat.
Maintenant, observons l’effet inverse. Du jeu… au film. Faisons les comptes. Il y a deux Mortal Kombat, un Doom, un Alone in the Dark, deux Tomb Raider, trois-quatre Resident Evil, un Silent Hill, un Tekken, King's Rising à venir (tiré de Dungeon Siege), un Super Mario, un Prince of Persia, Hitman, un Dead or Alive, King of Fighters, un Max Payne et une paire de Bloodrayne. Ah oui! Un Dragon Ball aussi :) Valà. Il y en a d'autres, mais je ne crois pas avoir oublié quoi que ce soit de fondamental, cela dit je ne parlerais pas des Donjons et Dragons car ce sont des adaptations de licences de JDR (mais elles sont merdiques quand même, ne vous inquiétez pas). Ca fait donc pas mal de daubes… euh ! … Adaptations, plus un cas que je garde sous le coude. Même s’il y a des polémiques du type est-ce un mauvais film/mauvaise adaptation, il y a un consensus assez général pour dire que ces films manquent globalement d’intérêt par eux-mêmes. Aucun d’eux n’est un grand film, ‘voyez ce que je veux dire. Pourtant, quelles adaptations ! Tous les jeux exploités n’ont pas été des monuments, mais tout de même ! Max Payne, Tomb Raider, Resident Evil, Mario, Silent Hill, Alone in the Dark, Prince of Persia, Doom, Mortal Kombat, excusez du peu !
Alors pourquoi? Pour reprendre un terme cher à Eric Viennot, je crois qu’il s’agit là d’une question de grammaire. Je m’explique. Lorsqu’un livre est traduit en film, on perd ou l’on gagne sur certains tableaux (sauf pour Madame Bovary : le film est aussi chiant que le livre) : le film n’a pas besoin de se perdre en description, mais il ne peut raconter de petites histoires liées à ces descriptions. Le livre ne peut décrire de scènes d’action ou de batailles trop longuement, mais il peut se plonger beaucoup plus profondément dans la psyché des personnages. Par exemple, lorsqu’on lit The Great Gatsby, on peut avoir l’impression que ce personnage est une illusion, une hallucination ou une invention du narrateur, chose qui ne transparaît absolument pas dans le film. Le jeu vidéo permet d’autres choses, en terme d’intensité de combats (Max Payne), de jubilation dans le carnage (cf Mortal Kombat), d’angoisse et de sentiment d’oppression beaucoup plus dilaté dans le temps et donc plus impalpable que dans un film et plus pregnant que dans un livre à cause du son et de l’image (Silent Hill, Alone in the Dark), ainsi que de choses plus couramment évoquées dans ce terme passe-partout, « l’immersion » : mille et une nuit pour le Prince of Persia que le film singe, ruines oubliées pour Tomb Raider.
Toutefois, ces films (sauf peut-être Super Mario Bros qui est un trip vraiment très à part, l’univers du film étant très éloigné du jeu vidéo) ont un point commun : quelque soit le jeu dont ils sont tirés, ce sont des films d’action. Pour Bloodrayne, Max Payne, Doom & Mortal Kombat, pourquoi pas ? Mais Silhent Hill, Prince of Persia, Tomb Raider & les autres ne sont pas que des jeux d’action. Voire pas du tout. Dans Silent Hill, la plupart des combats sont évitables, et c’est même préférable. Dans PoP, les combats font à peu près balance égale avec la plate-forme/exploration, etc. La force d’un Silent Hill tient dans son atmosphère, celle de PoP est magnifiée par son aura des mille & une nuit, Alone in the Dark a ses couleurs et son ambiance. Et surtout, aucun de ces jeux n’est fortement scénarisé (Attention, Silent Hill a un background de fou furieux et contient des personnages marquants, la mise en scène de Max Payne est très bien ficelée et caetera. Mais aucun de ces jeux ne contient de nombreux dialogues et compagnie, comme un Gothic ou un Soul Reaver).
Or, un film d’action contient de nombreux personnages, des gentils, des copains du gentil qui sont pas d’accord avec, un quota vagin, tout ça tout ça… Regardez Star Wars, c’est la production archétypale d’un scénario basique. Un héros, une fille*, un acolyte, un méchant. Insérez ensuite un lien entre héros et méchant, un triangle amoureux entre le héros et l’acolyte (ou le méchant), quelque chose de sombre dans les pensées du héros, et vous y êtes. Parfois des structures un peu plus complexes, la plus utilisée étant 12 + 1 ; Seya et les Chevaliers du Zodiaque, Jésus et les apôtres, Arthur et ses chevaliers, les douze vikings et l’arabe, mais où on retrouve toujours des figures archétypales. Eventuellement, des variantes parce que Ellen Ripley dans les cas de gens vs monstres avec second couteaux à massacrer, mais jamais avant le jeu vidéo (à part la BD conceptuelle, mais je m'égare) n’avait-on trouvé autant de héros qui agissaient seuls.
Un film a besoin de dialogues, de scènes entres les gens, il faut qu’on les voie manger, limite pisser pour s’y croire un minimum. Y compris dans un film d'action, ou une action resserrée dans le temps à un moment à un autre le personnage vaf faire entrer le spectateur dans son intimité en briquant son arme, renouant ses lacets ou en resserrant sa ceinture. Particulièrement criant dans le film français, qui du coup oublie aussi de raconter des choses. Observez, vous verrez.
Maintenant dans les jeux. Le héros est la plupart du temps seul dans les jeux portés en film. Est-ce que vous avez jamais vu le Prince avaler autre chose que de l’eau des fontaines ou des potions ? Ou un héros de Silent Hill manger quoi que soit ? Je me souviens d’une remarque dans Baldur’s Gate II dans un écran de chargement : « Votre héros n’a pas besoin de se nourrir, mais vous si ! Nous ne voulons pas vous perdre ! ». Et Gordon Freeman, il ne parle ni n’avale, pourtant l’identité du G-Man et son but réel sont un des mystères les plus touffus du jeu vidéo. En fait, l’immersion ne repose pas sur les mêmes moteurs, le contact et l’attachement aux personnages ne reposent pas sur les mêmes mécanismes. Exemple dans le contact entre les personnages : même dans PoP Sands of Time lorsqu’on se ballade avec Farrah, elle cherche d’autres passages pour elle-même ou on va aller à perpète en hauteur lui en ouvrir un. Les jeux (hors RPG) où l’on fonctionne à plusieurs (Arthur & les Minimoys, Primal, Demon Stone, Beyond Good and Evil) sans que le jeu soit d’emblée prévu pour la coop sont assez rares, ce qui limite d’autant les potentialités de dialogues. L’attachement à un personnage repose sur son charisme (incluant le chara-design) et ses actions, mais un jeu vidéo se reposera beaucoup moins sur les répliques que sur la gestuelle, l’apparence, le style dans les mouvements et les potentialités de gameplay, alors qu’un film insistera plus sur son contact avec autrui, les répliques et le jeu d’acteur. Exemple de jeu qui pourrait être adapté en film, Devil May Cry ; l’attachement à Dante passe par ses style de combat et son allure, pas par le jeu d’acteur inexistant, les histoires miévrasses et la traduction anglaise tout juste passable.
Un jeu scénarisé peut même se passer complètement de dialogues : prenez Braid, Schyzm ou Myst. D’ailleurs Oubliez Freeman et le Gâteau est un mensonge. Sans aller dans des cas aussi extrêmes, regardez Silent Hill. Je ne crois pas y avoir jamais vu de scène avec plus de trois personnages présents à la fois ; deux la plupart du temps, pour des échanges brefs, voire lapidaire. Ils sont quand même plus bavards que dans Shadow of the Colossus, mais c’est pas Planescape non plus. En fait, je crois que le grand défaut de ces films est d’avoir choisi des jeux qui fonctionnent en cinématique – gameplay – cinématique – gameplay - … et que le scénario n’avance jamais vraiment pendant les phases de jeu proprement dites, c'est-à-dire que le dialogue n’y est pas une dynamique de gameplay. Autrement dit, ces films ont repris les éléments de scénarios densifiés avec plus ou moins de bonheur pour correspondre à une narration filmique, ont repris quelques éléments de gameplay (bullet time, wall run, vue FPS, etc.) mais globalement il s’agit de transformer les dialogues d’un jeu en film ou d’en reprendre vaguement la trame ou le système de progression.
Cela n’implique pas de coller à un synopsis : le tryptique Resident Evil ne colle que très peu aux jeux, Silent Hill ne reprend pas un épisode de la série mais les mixe allègrement, Mortal Kombat n’a pas de scénario qui dépasse les miettes d’un ticket de métro, il a bien fallu broder. Mais ça c’est une responsabilité de scénariste : avoir voulu coller aux standards d’un film d’horreur en implémentant cette scène ridicule avec le Pyramid Head dans Silent Hill aux antipodes de l’esprit du jeu ou des péripéties complètement débiles dans Bloodrayne (du genre « comment s’infiltrer dans la forteresse du méchant ? Attaquons la grande porte à deux off course ! Quand on sera désarmés dans les cachots, on avisera » ; on croirait que la Comédie Française est passée par là), ou encore d’avoir pondu un tissu d’inepties de série Z pour Alone in the Dark. Toutefois, il y a des choses dont ils n’ont pas tenu compte, à cause justement des questions de grammaire dont je parlais plus haut, et une des plus invisibles pourrait être déterminante : la sauvegarde.
Un film, on se le fait d’une traite. La plupart des jeux, non (en tout cas, aucun de ceux-là). Cela implique qu’à un moment, on sauve, on arrête et on va faire les courses. Ils ne sont pas conçus pour être faits d’un bloc, et je crois que Silent Hill est le plus significatif à ce point de vue. En effet, une fois qu’on arrive en ville on n’en sort plus (The Room fait un peu bande à part, mais vu que l’appartement est fermé par des chaînes, ce n’est pas une exception), et surtout pas pour des breaks. La Silent Hill déserte est angoissante, la version… autre, est un cauchemar, alors que dans le film, pour casser cette ambiance et laisser le spectateur souffler, des scènes hors de la ville ont été insérées… et brisent littéralement l’ambiance du film. Ces passages jouent le rôle de la sauvegarde, de extinction de la console jusqu’à la prochaine fois où l’on s’assoit pad en main pour trembler comme une feuille. Mais ces passages ne font pas partie du jeu, cette manière de souffler est un mécanisme exogène, alors qu’il est directement inséré dans le film, ce qui est particulièrement nuisible ; presque autant que ces passages qui montrent clairement des choses que les jeux n’ont jamais que suggéré ou montré du bout des lèvres.
Ensuite, la plupart des jeux comporte quelques puzzles, si basiques soient-ils. Y’en a même dans Devil May Cry & God of War, pensez. Dans Prince of Persia, il y a parfois des trucs assez dingues à faire pour parvenir à ouvrir une connerie de porte, à se demander à quoi les architectes pensaient quand ils ont conçu leur bazar. A la place dans le film, on a une course d’autruche, tout simplement parce que regarder un gus courir sur les murs pour actionner des leviers n’est guère passionnant, c’est Bruckheimer qui le dit. Après, l’intérêt d’une course d’autruches, ça se discute, mais le problème est qu’une grammaire faite pour être jouée ne passera jamais dans un film. Tout simplement parce que lorsqu’on incarne un loup qui tabasse des guitaristes masqués, qui dessine des nénuphars et qui nourrit des sangliers, regarder la même chose serait juste horriblement chiant à la longue. Pourtant Okami est un excellent jeu avec un bon scénario.
Se pose aussi le problème de l’inventaire. Si tout l’équipement que trimballe votre bonhomme ne vous dérange pas dans un jeu, est-ce que vous accepteriez qu’un personnage de film trimballe une armurerie, un générateur, tout un tas de munitions, un carnet de notes, divers items et tutti quanti le tout sans dépasser des poches ? Question de crédibilité. De même pour les blessures encaissées. Dans Bloodrayne osef bikoz ich bin vampire, Dans PoP l’agilité le rend intouchable, mais dans un truc comme Resident Evil, ils ont été obligés de rendre l’héroïne agile et réactive, parce que soigner une blessure par balle en mettant des paquets de pansements dessus c’est juste complètement idiot. Et je parle même pas de soigner ses blessures avec des spray qu'on fabrique avec des plante en pots qui traînaient des des tonneaux.
Enfin, quelques uns des films tirés de jeux ne sont pas mauvais en soi. Les Resident Evil sont à peu près au niveau habituel du film de zombie des années quatre-vingt dix début deux mille. C’est du nanard de zombie, quoi. Max Payne est une daube léchée comme le fut Timecop en son temps, ou plus récemment Equilibrium. Bloodrayne est un film d’action aux péripéties aussi cousues de fil blanc qu’un Xena la Guerrière ou un épisode d’Hercule, oui mais voilà. C’est au même niveau. Un synopsis cousu de fil blanc et des personnages en carton pâte peuvent faire un bon, voire un excellent jeu, cf Blade of Darkness, Advent Rising ou même tiens, Homeworld ou Devil May Cry (pour ce dernier je ne parle que du scénario). Tant qu’on se prend au jeu, ça passe, en témoigne Shadowgrounds: Un scénario qui tient sur un ongle de doigt de pied, un perso pâle copie de l’ami Gordon, et pourtant, quel pied et quelle patate. Quitte à citer des monuments, vous allez pas me dire que les scénarios de Diablo ou Dawn of War sont particulièrement recherchés. Un film avec ce scénario n’aurait pas valu grand-chose en dehors de ses scènes d’action et de son aspect musico-visuel (à part peut-être le premier God of War en insistant sur la thématique du fantôme de Sparte).
En fait je crois que c’est une bêtise de vouloir adapter l’histoire d’un jeu, parce qu’elle obéit à des modes de progression trop différents de ceux d’un film ou d’un livre. Ce n’est pas forcément incompatible, mais ça n’obéit pas aux mêmes règles. Même un Starlancer qui construit ses relations entre personnages comme un genre de soap intersidéral se transposerait mal, parce que la routine parlotte/dogfight/parlotte/dogfight ne passe pas dans un film. Alors pourquoi personne ne voudrait tirer de film de jeux sans vraiment de personnages, ou de choses qui ne sont pas dans le jeu ? Je ne sais pas, la jeunesse de Kain, la vie des gens dans le vaisseau-mère pendant le retour à Hiigara, des spin-off de l’univers de Diablo, Mass Effect ou Dragon Age ? Ou raconter la suite d’Anachronox, ou dans l’univers d’un random MMO ?
Sauf que là on sort de l’adaptation pure et on rentre dans le cross-media. En jeu vidéo, c’est ce qu’avais inauguré Matrix avec les jeux qui racontaient d’autres choses que les films, chemin suivi par Dofus (même si le manga Dofus et les jeux Matrix sont tous pourris, hein, c'est pas la question), l’univers des Chroniques de Riddick (chaque jeu et film racontant quelque chose de différent), Star Wars (entre les films, les romans, les BD, les jeux vidéo, les JDR), etc. Ce serait peut-être ça qu’il faudrait faire. La preuve en est avec les trois courts-métrages d’Ubi qui servent de préquelle à Assassin’s Creed II. Ne pas vouloir à toute force adapter mais apporter sa baleine à un univers, le compléter, utiliser la grammaire propre au medium que l’on utilise sans chercher à vouloir à toute force transposer. Prochain crash test, un film de Wow. On va bien voir ce que ça donne.
*quoi je suis sexiste ? Vous voulez un exposé de la structure narrative des les histoires indo-européennes ? C’est bien ce que je pensais. Bouquinez du René Girard, par contre, ça vous fera du bien. Non je ne viens pas de le découvrir, je l’ai lu il y a plus de quatre ans.
J'ai tapé à côté de la plaque.
Que notre président ait été un élève médiocre et que je sois trois fois plus diplômé que son fils aîné alors que je bosse à mi-temps pour boucler mes études, ça ne surprendra personne. En fait, critiquer l’action sarkozienne (sous-fifres inclus) n’est même plus drôle tant ils passent leur temps à hurler des conneries les plus grosses les uns que les autre. Suffit de lire le moindre blog politique, on sait qu’il est de droite quand son langage ressemble aux litanies soviétiques adaptées aux besoins de l’économie du marché des copains. Sinon pour les insomniaques qui en ont marre de mes liens sur les DRM, y’a toujours la Quadrature du Net, Read Red Write, et autres Journal d’un Avocat*. Dire qu’ils font n’importe quoi** est un tel pléonasme que même le comique de répétition se lasse.
Même si ce qu’ils font est extrêmement dangereux pour les principes même de démocratie, qui pour bien fonctionner dans une société comme la notre où les conneries de démocratie directe ne sont qu’une démagogie débilitante (à moins de se transformer en société soviétique au sens le plus primal du mot***), démocratie qui donc a besoin d’un libre accès à l’information de la part des citoyens. Je me permets une incartade sur mon propos principal, mais je serais bref. A l’époque du militaire aux pleins pouvoirs qui (con)trollait les médias et avait rédigé la constitution, on avait l’ORTF qui contrôlait toutes les émissions. Ca s’émousse jusqu’à disparaître, la presse française a d’ailleurs démontré son indépendance avec les évènements d’Algérie (ah oui c’est vrai maintenant on a le droit de dire guerre), plus tard du Biafra et du Rwanda/Burundi, mais la presse, par deux mouvements qui me semblent trop concertés pour être honnêtes, reste bon gré mal gré un organisme de publicité gouvernementale.
1°) Rassemblement des grands titres de presse écrite par deux groupes de droite (tu crois que j’exagère en donnant leur filiation politique ? Recoupe tes sources mon petit sakakophile, c’est pas comme s’ils le cachaient; et tout seul comme un grand, s'il te plaît. Information bien ordonnée commence par la chercher soi-même).
2°) La suppression de la pub des chaînes publiques et la nomination du président de France télévision par l’exécutif (je parle même pas de la radio) ; pour les cancres du fond, ça veut dire mise au pas.
Rappelons que la seule présidence de gauche de la Vè république l’a été à cause d’une union des gauches, et quand on voit la cour de récré, la droite peut souffler. Donc elle garde l’exécutif, donc elle garde la mainmise sur le président des médias d’état français. TF1 compte pas, c’est des copains.
Si tu as vraiment besoin qu’on te fasse un dessin, c’est une ORTF qui ne dit pas son nom. Il suffit de regarder quelques journaux tv et les sujets dont ils traitent pour s’en convaincre (cela dit, la concurrence ne fait en général guère mieux). La censure la plus discrète est celle qui ne se voit pas, et l’auto-censure des journalistes (même s’ils sont mauvais quand ils parlent de meuporg) donne des choses assez efficaces.
Maintenant, pense aux dernières
lois liberticides votées par la grande chambre d’enregistrement du parti
le parlement. Hadopi/Lopsi et leurs enfants, là. Je ne mets pas de lien dessus, si vous savez pas encore où aller les chercher, sortez de votre caverne et rattrapez vos deux ans de retard. Oui, ceux qui brandissent la
pédophilie en épouvantail pour que les vieux et les anéfé hochent de la tête
d’un air horrifié. Relis les revues de presse sérieuses (i.e sur le net, et pas
des titres nationaux traditionnels), qui ont tellement fait sens que même Le
Point avait lâché Naboléon ! Que ça soit efficace contre le piratage ou
non, à la limite on s’en cogne.
L’intérêt de cette loi est de mettre sur le tapis le flicage du net. Je ne parlerais pas ici du cryptage généralisé, des RG qui se font taper sur les doigts par le pays de Tim Burton parce que c’est leur faute. Non non. Juste de mettre sur le tapis le flicage du net. C’est pas encore fait. Mais ça viendra. On est dans une période où nos aspirants geôliers nous mettent l’idée dans le crâne. Le temps qu’elle macère, tout ça. Vous imaginez le tollé que ça aurait provoqué il y a quelques années ? Je pense que tout ce miasme obéit à un schéma à beaucoup plus long terme. Et vu comme la Syrie transforme la diplomatie française en cirque de puce, de la à dire que nous chers NOMMES ministres se font manipuler par plus friqués qu’eux… Olivennes était sûrement parfaitement neutre quand il a rédigé sa loi.
Dans quelque temps, ils remettront la chose sur le tapis en disant que c’est pour le bien de nos enfants, la Chine et la Corée du Nord en feront leurs choux gras. Bientôt, on vous dira que pour poster sur le net, vous devrez être formellement identifiable. Comme en Corée du Nord. Le but non avoué, c’est de faire ce qui a été fait avec les médias traditionnels : museler et contrôler l’information par des canaux autorisés. Vous ne me croyez pas ?
Alors, pourquoi ce tollé soudain sur wikileaks ? Les accuser de terrorisme, tout ça... Et brusquement son fondateur accusé de viol dans des conditions complètement rocambolesques. Même si ce mec a pété une durite, c'est pas comme si le principe du site est soutenu par Amnesty International ET RSF, que la France est 44è au classement de Reporters Sans Frontières sur 190 et quelques (-13 places depuis les dernières présidentielles, je me demande s’il n’y a pas un lien de cause à effet…), mais quand même. Je signale d'ailleurs que le site n'est pas accessible (le lien ci-dessus est un mirror) et est relégué par Google à la fin de la première page des résultats en France. Maintenant parle-moi de parano.
Je vais ressortir mon bâton de girovague fou, mais les guerres de l’internet ne font que commencer. Renseignez-vous sur Acta, tiens. Ils vous ont bien eu avec celle-là. Hadopi est une usine à gaz fricophage en période de rigueur sur les salaires, mais Acta, ça c’est l’artillerie lourde. Mais je gage que JPP a plus important à raconter plutôt que de parler d'accords secrets qui restreignent l'accès au médicaments. Laisser des vieux parler de la neige, par exemple.
Je vous avais dit que je serais bref sur cette incartade, j’ai menti.
Passons maintenant au vif du sujet voulez-vous ?
Donc.
Brocarder le gouvernement ce n’est plus drôle tant il faut consulter son RSS
toutes les heures au cas où ils font une nouvelle connerie. En fait, ce qui me
sidère, c’est l’incurie vis-à-vis du peuple qui les a mis là où ils sont. Avec
tous les couacs, les scandales financiers, de rétro-commissions, les flagrant
délits de mensonge, de racisme, les énormités que même les haineux ne peuvent
pas hainer, tout ça ne les déboulonne pas. Ils s’en foutent. La seule chose qui
a changé la donne, c’est l’approche des élections et la mise en place d’un
gouvernement de propagande intensive campagne. C’est pas que l’Etat a
largement perdu la bataille de la communication sur le net qu’il continue
pourtant à grand frais en période de rigueur en roulant des mécaniques par un
savant cocktail de menaces, d’intimidation et de d'absurdités diverses, mais
ça participe au phénomène.
Par son attitude, notre actuel président a gravement porté atteinte à la dignité de sa charge. Si mauvais qu’ils aient été en interne, ses prédécesseurs avaient un vernis, et un standing qui collait au premier personnage de l’état.**** Dans le même ordre d’idée, un ministre touché par des affaires, ça démissionne. Au pire, il peut toujours retourner à l’Assemblée, y’a pire comme assurance chômage. Mais là, non. Un ministre peut apporter son soutien à des flics qui ont produit de faux documents pour blanchir un collègue (accusant un passage un mec qui risquait de se chopper de la taule à vie à cause de ça quand même) sans s’inquiéter sur sa crédibilité, son poste, ou faire l’objet d’un tollé pour prêter son soutien tacite au communiqué de Synergie Officiers... Si ça c’est pas une incitation à faire toutes les conneries que tu veux, je veux bien être là jusqu’à liquidation totale. Et je parle même pas de frais en fleurs de l'Elysée.
Vous me direz, vu le capital crédi… crédébi… débilycra… euh… craie dé bile y thé qu’il reste à ce gouvernement, qu’il vienne nous parler de rigueur c’est un peu Sénèque qui parle d’ascétisme en mangeant dans sa vaisselle en or, mais gageons que ça vole très loin au-dessus de la culture sarkozienne. A quand une chanson de Doc Gynéco et un spectacle de Bigard sur les stoïciens à l’époque des julio-claudiens, merde ! Enfin, dans toute la clique des anéfé, il n’y a pas de pagaille dans un ministère à fabriquer de bons français, le pire reste quand même à celui qui a déjà été condamné -entre autres- à des peines d’inéligibilité… j’en connais qui se sont retirés de la vie politique pour moins que ça ; il me fait un peu l’effet de Germanicus, celui-là, les gens l’aiment bien parce qu’il a pas régné)
Une seule solution. Le Death Note façon Zali. L. Falcam.
*Descendez au 11 décembre, et reprenez confiance en la police.
**N’importe quoi dans le sens représentant du peuple, les orléanistes sont pas trop mal lotis cela dit.
***Avant le coup d’Etat de Lénine qui venait de perdre les premières élections libres de Russie, quoi.
**** Je crois d'ailleurs que celui-là sera le premier président à ne pas inaugurer de musée dont il aura voulu la création et la promotion. Qu'il nous reparle d'exception culturelle...
Une Lettre ouverte à CNN par Takeshi Nogami
Ce qui suit est une traduction de l'original en anglais disponible ici, il date d'avril. Les deux premiers paragraphes sont du blogueur de Tsurupeta.info, je me borne à une traduction pure. Les liens présents sont ceux directement incrustés dans l'article orignial, c'est pour ça qu'il n'y en a pas beaucoup et qu'il n'y a pas de conneries.
Quand je l'ai lu, j'ai été pénétré de la win de l'auteur. Je ne le connais pas, je ne sais pas ce qu'il fait, mais rien que pour ça... All hail.
Vous avez probablement entendu parler de la controverse que CNN a récemment montée de toute pièce autour de Rapelay, un sujet qui aurait du s'épuiser il y a près d'un an. Il n'est pas très compliqué de comprendre que des lobby au sein même du Japon font pression sur leurs élus autour de problématiques liées à cette controverse; et cela pourrait très bien marcher: le reportage de CNN attire pas mal d'attention sur la toile nippone (même si les médias mainstream n'ont pas encore été touchés). CNN a aussi reçu beaucoup de retours sur ce piètre reportage, au point que le journaliste Kyung Lah a accouché d'une suite encore plus exquise: une explication culturalo-existentialiste sur les motifs de la perversion des japonais. Ajoutez à cela quelques ajouts débiles sur le blog de CNN par-ci par-là, et vous y êtes.
Nogami Takeshi, un mangaka japonais connu entre autre pour Koutetsu no shoujo-tachi (art, Shounen Ace), Serafuku to juusensha (Champion Red Ichogo) et d'autres travaux pour la franchise Strike Witches, a répondu avec une lettre ouverte à CNN en réaction à leur dernier reportage. Il a demandé si quelqu'un pouvait traduire, et j'ai été heureux de m'y complaire. Notez que je ne suis pas d'accord avec tout, et je ne pense pas pas ça va rallier grand-monde à notre cause, mais c'est une lecture divertissante.
***
Cher reporter de CNN,
Je suis un auteur de manga. J'ai commencé en dessinant du hentai, j'ai publié du hentai. Bien sur, j'ai aussi produit des oeuvres qui n'étaient en rien hentai, comme l'est la majeure partie de ma production actuelle.
J'ai vu votre reportage, qui essaie de susciter peur, préjugés et incompréhension. J'ai bien peur de n'avoir aucun lien avec le le jeu hentai dont traite votre reportage; toutefois, en tant qu'auteur de manga hentai japonais, je pense être assez qualifié pour vous répondre.
Comme ce droit de réponse a du être mis en place rapidement, les données précises seront produites plus tard, mais c'est un fait qu'au XXIè siècle, nous, japonais, vivons dans l'une des sociétés les plus sûres et pacifique du monde. Bien sur, cela ne veut pas dire que nous n'avons pas nos problèmes, mais pour dire la vérité, franchement, je ne pense pas que vous soyez en position de dire quoi que ce soit.
Hommes & femmes sont égaux en politique comme dans la loi. Votre société et la mienne sont ici les mêmes. Toutefois, les statistiques de taux de criminalité en général et des crimes à caractère sexuels au Japon sont, avec tout le respect que je vous dois, très largement inférieurs à ceux des Etats Unis. Est-ce que, par exemple, vous craignez pour votre sécurité lorsque vous vous balladez dans les rues d'Akihabara, ou d'Ikebukuro (terre sainte du hentai féminin)? Ces rues sont sans doute beaucoup plus sûres que les rues de New York, sans parler des ghettos qui les entourent (les armes à feu sont illégales, aussi). De plus, dans notre Akihabara et notre Ikebukuro, il n'y a aucune forme de persécution contre les hommes, ni les femmes, ou de minorités sexuelles comme les homo. Nous vivons tous dans la paix, et nous exprimons en toute liberté.
Il va d'ailleurs sans dire que le trafic d'êtres humains et les violences faites aux femmes sont des crimes très sérieux au Japon. En tant que citoyen japonais, je suis extrêmement offensé par les insinuations insultantes de ce soi-disant expert qui associe les japonais en général avec d'abominables criminels.
Est-ce que le hentai est nocif dans l'éducation des enfants? Oui, dans certaines circonstances. C'est certainement le cas, par exemple, pour ce jeu dont vous parlez. Je suis un citoyen lambda avec une jeune soeur et deux neveux, je peux comprendre vos inquiétudes. Et justement, souffrez que je ne vous approuve pas.
Ces produits sont développés pour des adultes rationnels. Vous ne pensez pas sérieusement qu'un adulte rationnel serait influencé par un jeu pareil et se mettrait à violer à tour de bras, n'est-ce pas? Bien sure, au Japon, à la fois ce jeu et les manga hentai que j'ai dessiné sont ne sont vendus qu'à des adultes sous une strict contrôle d'âge.
Que vos enfants parviennent à obtenir de telles choses sur le net est aussi un problème pour nous. Ce sont des copies piratées. Nous vous serions très reconnaissants de permettre aux familles et aux écoles d'avertir les enfants comme il se doit. Et serait-il trop demander que vos magasins mettent en place des restriction d'âge appropriées pour que les adultes rationnels puissent acheter des versions légales?
Au fait, dans les beaux-arts traditionnels japonais de l'ukiyo-e (peinture sur bois de la période Edo), beaucoup d'oeuvres avaient un contenu sexuel, appelés shunga. Vous les avez aimées, n'est-ce pas? Et bien, nous sommes leurs successeurs. Nous faisons de l'art. Laissez-moi le dire encore une fois. Ce n'est que de l'art. Je présume que, comme nous, vous êtes capable de distinguer fiction & réalité. N'est-ce pas?
Obscénité? Eh bien, sur ce point, je voudrais faire une citation de votre livre de chevet.
| Jésus se rendit à la montagne des oliviers. | ||||||
| Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait. | ||||||
| Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; | ||||||
| et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. | ||||||
| Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? | ||||||
| Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. | ||||||
| Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. | ||||||
| Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. | ||||||
| Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. | ||||||
| Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condamnée ? | ||||||
| Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. |
(Evangile selon Saint-Jean, 8:1-11)
J'ai bien peur d'être Bouddhiste et non chrétien, mais je respecte pourtant votre Seigneur. Sa parole que vous, moi et toute l'humanité soit hentai* est empli de signification. Pourtant, il y a une différence entre "Sa" version (que vous partagez) et la mienne. Je ne pense pas qu'être hentai** soit un péché. Il n'y a pas de mal à ce que les adultes rationnels soient hentai**.
Pour ma part, je ne vois rien de mal à ça. Et vous?
Sincèrement,
Takeshi Nogami
Mes chers sakakakophiles, si vous en voulez en peu dans la langue de Joe Dassin, allez voir là.
*Note du sakakakamaster: le bloggueur a laissé le mot hentai tel quel, je le suivrais donc. Pourtant, en cherchant le sens premier du mot, hentai singifie littéralement: transformation, métamorphose ou perversion. Il n'a pas de caractère sexuel intrinsèque. En argot, il peut désigner un pervers comme un type bizarre. Je crois que Takeshi Nogami interprète la munificence de Jésus comme un aveu de l'attraction de l'humanité pour le sexe, et qu'il n'y a pas à rougir de ça.
** la je crois que la traduction littérale serait pervers, mais je pense que ce qu'il voulait dire se rapproche plus d'obsédé. Aimer tirer son coup, y'a pas de mal à se faire du bien, tout ça tout ça...
THQ je te trompe et j'aime ça
D'abord, un peu de lecture, ici. Ne la zappez pas, ce qui suit s'y rapporte.
Ce qui me dérange aussi c'est que ce monsieur ne voit que l'occase de produits récents. Pour les gens qui recherchent des jeux précis (j'en fais partie, vous commencez à vous en douter) et pas du random Medal of Honor 2011, l'occase est souvent le seul moyen de dégotter ce que l'on cherche sans avoir recours à internet le maléfique. Ou alors il ne reste plus qu'à faire des autels au pied de la Fnac en espérant qu'ils remettront en rayon un truc sorti il y a quatre ans. L'occase des vieilles consoles est assez vigoureux, et même plus que celle du jeu récent.
Et attention, je ne parle pas d'enseigne d'occase (genre tiens Micromania, un exemple qui me fera toujours mourir de rire c'est de voir Edge of Chaos 2 à 45€), mais de boutiques isolées. C'est la foire au cartouches de Snes de Gameboy et autres boîtes de PS One & Dreamcast.
Ensuite, transposons la logique de cet aimable monsieur ailleurs que dans le jeu vidéo. La télévision tiens. Alors mec, je te préviens accroche-toi, achète ma télé plein pot sinon! Sinon! La moitié des boutons de ta télécommande ne vont pas fonctionner sale pauvre! Ou l'automobile, imaginons, "tiens, ah merde je peux pas boucler ma ceinture, ma caisse est d'occase!"
Soyons sérieux, on achète une voiture d'occase parce qu'on a pas les moyens de mettre de la thune dans une tuture récente. La voiture d'occase a un certain âge, alors la récente aura plus d'option, de gadgets, sera plus économique, elle propose une technologie PLUS AVANCEE qui motive le chaland à mettre la main à la poche, elle fait des offres pour attirer à elle, plus des histoires de garanties.
Donc, si on préfère se tourner vers l'occase pour des jeux récents, outre le facteur financier, c'est juste que les jeux récents, quelques soient leurs qualités intrinsèques, ne proposent rien de plus que des principes de jeux anciens en HD avec la même chose en ++, ou que des jeux anciens suffisent à notre bonheur. Je sais pas, je vois pas de RPG typé Megaten pour les temps à venir, des machins bizarres comme Sacrifice, mais si je vois du neu bradé genre Jade Empire, Gothic 3 ou Silent Hill 4 à 10€ dans un bac je vais pas me priver non plus.
Si on compte 70€ = 12h, comme c'est la plupart du temps le cas sur un support non piratable, ça fait grosso modo 7€ de l'heure, deux fois plus cher qu'une place de ciné. Sans entrer dans le débat du prix d'un jeu, qui me semble pas si abusé que ça vu l'explosion des coûts sur next gen, franchement... J'arrive pas à croire que ce soit tellement dur de comprendre que le consommateur renâcle et cherche moins cher.
C'est un peu le principe du consommateur, non? Le jeu vidéo neuf reste à des prix quand même assez hauts sur les plate-forme non piratables. Alors quand je vais acheter mes légumes, je vais au marché et à la supérette du coin et je compare les prix. Même combat dans les jeux, je vais pas acheter un truc neuf si j'ai le même à 30€ de moins 500m plus loin.
Il a été soulevé avec raison qu'un jeu vidéo n'est pas une télécommande ou une voiture, c'est un bien dépendant de la propriété intellectuelle. Toutefois. Est-ce que vous avez déjà vu un éditeur dire qu'acheter des bouquins d'occase c'est de la tromperie? Ou entendu parler d'activation de CD ou de DVD sur le net, sinon une chanson ne se lira pas, ou encore des bonus qui ne seraient pas accessible à un deuxième acheteur? En droit, normalement, un bien intellectuel vendu l'est avec un contrat de jouissance que personne ne lit jamais, qui stipule que la propriété intellectuelle vendue ne peut être revendue à un tiers. C'était jusqu'ici toléré, un peu comme les mecs qui font de la scan trad de manga (que les maisons d'édition repompent sans vergogne pour faire des économies) se font pointer du doigt pour des maisons d'édition dont ils font la pub. Mais ce retour de vis fait pour moi partie de la phobie piratage et part du même principe erroné: un jeu acheté d'occaze est un jeu neuf de perdu.
L'analyse du wolfire game blog reste valable. Rappelons qu'un jeu coûte 70€ sur console (puisque le piratage a tué le jeu PC), prix sur lequel l'éditeur fait 40€ de marge, soit dit en passant.. Avec les 30% de marge du magasin, il reste quoi aux créateurs? Hum? Le gamer lambda (à la bourse** non extensible, donc) n'a tout simplement pas les moyens de s'acheter des jeux neufs en permanence. Si vous lisez ce blog, vous n'être sans doute pas un casual, donc vous achetez plus de 3/5 jeux par an. Et si rien n'était disponible en dessous de 50€ vous aussi vous sombreriez dans le piratage. Franchement. Quand on achète un jeu neuf, à sa sortie, tout ça, on réfléchit quand même beaucoup. On mate les teasers, on lit des tests, on espère que le jeu est à la hauteur du budget marketting. Mais est-ce que vous mettriez la main à la poche de la même manière si vous n'aviez pas la perspective de revendre le jeu au cas où il se révèlerait n'être qu'une bouse bien emballée? Je ne parle même pas d'EA qui veut rendre les démos payantes (ah bon ça n'a pas d'équivalent au cinéma? A ton avis, c'est quoi une bande annonce?)
C'est le coeur du problème en fait. Notre aimable directeur créatif THQ, à avouer son aversion pour l'occase, néglige complètement qu'un gus qui revend un jeu (pour s'en acheter un autre, parce qu'il n'a pas aimé -hé oh, on est pas motivés à mettre 70€ dans des daubes, tu sais?- ou parce qu'il a besoin de thunes), c'est un jeu qui arrive sur l'occase, donc un autre joueur qui va tester le produit, qui s'il est convaincu, achètera peut-être neuf la prochaine fois. Un consommateur n'a pas à être fidèle à une marque, ce n'est pas un petit soldat dans la guerre au profit des éditeurs. Il a à consommer ce qu'il peut se permettre quand l'envie lui en prend. Le rôle de l'éditeur est de traiter ses consommateurs en clients et pas en vache à laits resquilleuses. Bon, et de donner des sous à ses actionnaires, et comme ses actionnaires sont plus près de sa porte que nous, ceci explique peut-être cela.
Mais franchement. Un jeu qui fait dix heures, il y a quatre ans on hurlait au scandale. Advent Rising se bouclait en huit heures, mais il coûtait vingt putains d'euros. Demon Stone même combat! Même lorsque Valve a dépecé son orange box en vendu les jeux qu'il contient séparément, ils coûtaient un prix raisonnable pour un jeu qui tient en une ou deux séances de jeu. Je vais faire mon vieux con parce que ça me gave d'entendre tout ça, mais je joue à de vieux trucs parce qu'on considérait qu'un jeu c'était quinze/vingt heures, beaucoup plus pour les RPG.
J'entends régulièrement, et c'est quelque chose que je comprends et que je vis aussi personnellement, que lorsque l'on vieillit, on joue moins parce que gamins, vie sociale et tout. Mais est-ce pour autant que l'on a envie de payer 70€ un truc qui va nous durer dix heures, alors que dans les vieilleries, le double de durée de vie coûte cinq fois moins cher?
Déjà ça voudrait dire que même en restant fixe, le ratio du prix de l’heure jouée a drastiquement augmenté. Admettons, un truc comme Rachet and Clank. Vous finissez les arènes pour voir les évolutions des armes, vous perdez de temps en temps, vous jouez en explorant. Un peu plus de vingt heures, disons vingt, tout le monde n'est pas un fatnerd qui veut booster les armes au max. Imaginons que vous le payez 70€ (même si à l’époque c’était plus 60, avec l'inflation, ça s'égalise plus ou moins.) Vous payez donc 3,50€ par heure de jeu. Maintenant le même, 70€, beaucoup plus détaillé, mais deux fois plus court. 7€ de l’heure. Voilà. Seulement, un vieux Rachet & Clank, ça coûte une dizaine d’euros et ce n’est pas le niveau de détail qui change la saveur des blagues ou des cutscenes débiles.
Bah oui, ce n’est pas parce qu’un jeu est vieux qu’il n’est plus fun. Okay, jouer aux Ultima quand on a pas connu à l’époque ou rejouer à des trucs sur la NES sans l’aspect time-warp to childhood c’est un peu… rustique, mais sur des trucs qui datent de l’époque de la PS2, Dreamcast, Gamecube, Xbox, voire même de la PSOne, la Megadrive & la Snes (je parle d’époque hein. Le PC c’est le bien tout le temps, tant que windows le maléfique ne joue pas de problème de compatibilité), … Il y a quantité de choses qui n’ont pas trop mal vieilli et qui restent très jouables. Des trucs comme Rachet & Clank, Rayman, Starcraft, Symphony of the Night, Max Payne, Devil May Cry, Beyond Good and Evil, Super Metroid, Mario World, Runaway, la liste est longue! Et sauf exception (cf SotN ci-dessus par exemple), comme c’est vieux ça coûte pas des masses. Oui mais voilà.
On nous bassine avec « la nouvelle référence », tout ça tout ça. Mais la plupart du temps ce sont les pixels et l’action (que ce soit de l’exploration et la beauté des paysages ou l’action de tabasser des gens de diverses manières) qui sont mis en avant. Attention, je ne crache pas sur ce travail, il est important. Mais trop peu de gens ont les moyens de faire quelque chose de différent, d’explorer de nouvelles voies d’expression de faire quelque chose qui ne soit pas une version HD avec un moteur physique qui dépote de ce qui existait déjà avant. Sans compter la scène indé, Fumito Ueda a cette chance, des studios et des gens comme Cage, Lexis Numérique (arrêtez avec Alexandra Lederman, je vous rappelle que EA a pondu Dark Castle & Squaresoft fait des jeux de 50h de fetch quest avec des bastos contre des slimes et vous criez au génie alors faut arrêter un peu les conneries maintenant) Mc Gee, Spector ou Schaffer s’efforcent avec plus ou moins de bonheur de raconter des choses différemment, de creuser les perspectives narratives du jeu vidéo pour voir ce que l’on peut faire de cette putain de HD. Que l’on aime ou pas leur travail est une autre affaire. Personnellement je n’aime pas ce que fait Almodovar, mais est-ce que je vais pour autant dire qu’il fait un mauvais cinéma ? Bon. Mais explorer des concepts comme ceux que posent Shadow of the Colossus, Experience 112, Shenmue ou Heavy Rain, ou des OVNIS comme Alice, Grim Fandago ou proposer des mélanges comme il n’en existait pas à l’époque du type Outcast ou Deus Ex, ça c’est rechercher dans le domaine du jeu. Faire des expériences. Comme dit, tout le monde n’en a pas la possibilité, surtout depuis que l’on est entré dans la HD et que les coûts ont été drastiquement tirés vers le haut (ce qui explique aussi le maintien des prix vers le haut, le coût des jeux a grimpé en flèche, c'est plusieurs chiffres en six zéros maintenant). C’est pour ça que des boîtes comme ATLUS ou Ghostlight continuent de faire leurs RPG sur PS2 : ça diminue les coûts et permet de prendre plus de risques, sinon je doute que des trucs aussi différents que Devil Summoner ou Persona 4 aient pu voir le jour. Remarquez que ce que je cite ne contient que des jeux sortis depuis quelques années pour la plupart, parfois plus de dix ans.
Tout simplement parce que chaque nouvelle génération de jeux n’enterre pas complètement les précédents. Le jeu vidéo existe depuis 40 ans. Si on se réfère à l’Histoire du cinéma, on serait au milieu/fin des années 30. Le son est arrivé depuis quelques années, la fréquentation des salles en très forte hausse; ça correspondrait plus ou moins à la HD. Ce monde est en pleine mutation, certains ne peuvent pas suivre, mais c’est une révolution artistique et une révision complète du business model. C’est surtout le début du star system, les noms sortent de l’ombre. Regardez ce qui se passe. Même quand leurs jeux étaient au top, des gens comme John Carmack, Tim Schaefer, Eric Chahi, Paul Cuisset ou Jordan Mechner n’ont jamais été mis en avant comme le sont maintenant les grands noms du jeu vidéo parce que comme pour le film à l’époque, tout le monde s’en foutait.
/Petit hors sujet/
C’est aussi à ce moment-là qu’apparaît la censure de manière officielle : le code de production cinématographique, qui stipule en vrac que les films produits ne doivent pas tendre à abaisser le niveau moral des spectateurs, qu’ils ne doivent pas glorifier le crime, le mal, le péché... Que des modes de vie décents doivent être montrés au public & littéralement que « la loi divine, naturelle ou humaine ne devra pas être ridiculisée, de même qu'on ne devra pas susciter de sympathie pour sa violation. » Franchement, vu ce qu’on voit entend sur la censure dans le jeux et les tollés réguliers qu’on entend, ça ne vous rappelle rien ? Je ne sais pas, la censure dans Modern Warfare ou Mass Effect le tollé italien pour Mafia II, le sang vert en Allemagne et toutes ces conneries… Je sais pas moi, Fallout 2 merde ! Qui était DRM-free, qui plus est.
/Petit hors sujet offline/
Fin de l’incartade historique. Le jeu vidéo n’est pas le cinéma, leurs histoires ne sont pas les mêmes : par exemple, la sectorisation des genres, l’escalade des budgets, tout cela fonctionne différemment ; pour couronner le tout, internet change vraiment la donne, je vous rappelle que « nous ne vivons plus comme nos lointains ancêtres de 95 »*.
Pour en revenir à mon point, le chaland n’est pas forcément à la recherche de nouveauté. Le casual, qui ne sait pas ce qui existe ou a déjà paru, celui qui achète à la Fnac ou Micromania parce qu’il ne sait pas que Little Tokyo ou Cash King sont à dix minutes à pied (oui je suis strasbourgeois, et j’assume, c’est la plus belle ville du monde), celui-là il va acheter du neuf cher. Il ne va pas attendre les baisses de prix (ou alors il les trouve en rayon quand il passe en magasin et il se dit « AH PUTAIN DE MERDE ! SIX PUTAINS DE MOIS ! »). Sachant que ce sont ces hordes de casual & fanboy qui essuient les plâtres (ah tiens ça me rappelle des surprises comme Dark Messiah of Might and Magic où le jeu n’avait aucune stabilité et ramait lamentablement jusqu’à la sortie du premier patch) ET paient plein pot alors qu'ils même en achètent neuf, franchement, ça vous fait envie ? Parce qu’avant, un jeu sur PC, l’éditeur pouvait presser la sortie, s’il restait des bugs, on pouvait sortir des patchs. Mais sur console, sans mise en réseau généralisé, impossible, le jeu devait être vierge de bugs. Alors que maintenant, malédiction ! Ta console est un ordi de jeu sans clavier que tu peux même pas bidouiller ! Dans ces conditions, toujours motivé pour être un pigeon obédiant ?
Bref. Le mec qui va vraiment acheter en occase, celui qui va chercher dans les boutiques et sur le net, il n’a pas les thunes pour acheter neuf et il est trop gourmand pour un seul jeu à 70 quand il peut en avoir trois-quatre pour le même prix, et il cherche éventuellement des vieilleries. Et ces dernières… Comme dit plus haut, pour les trouver, tintin : les lots d’oldies dans les bacs des gros revendeurs est pour le moins aléatoire (en gros, ce qu’il leur reste en stock, qu’ils n’arrivent pas à vendre), et parfois ils ressortent des hits en très peu d’exemplaire (à croire qu’ils en paument des bouts dans leurs stocks) : je me souviens une fois avoir vu une édition collector de la première version de Morrowind et de Myst V, 15€ pièce moins de deux ans après leurs sorties respectives. Et je ne parle même pas de la Collector d"Assassin's Creed pour 24€.
Reste l’occase, et le cœur de l’occase, ce sont des jeux qui ont déjà passé leur phase de rentabilité. Donc franchement, le DA de THQ ferait mieux de redescendre sur terre.
Payer plein pot me dérange pas tant que ça. Mais pour un jeu dont je suis sur du suivi. Dont que sais que les dév suivent la communauté. Tiens par exemple. Je pense à un vieux jeu, qui a vu une suite. Le premier opus a été relifté avec le moteur de la deuxième édition. Trackmania, pour ne pas le nommer. Update gratuite pour ceux qui avaient acheté l’ancienne. Même combat pour The Witcher, la version Enhanced était accessible aux détenteurs de l’original via un patch (en revanche, je ne me rappelle pas que qui que ce soit aie proposé d’offrir Twin Snakes aux détenteurs du premier MGS, mais bon, vu la grande idylle de Nintendo & Sony à l’époque, ceci explique peut-être cela).
Euh, ça me dérange un peu moins de mettre la main à la poche. Enfin, quand j’en ai les moyens. Sinon, ce sera occase. Après tout, cela veut juste dire que je suis un fidèle client chez Little Tokyo, pas chez THQ.
A la limite mettre des codes activables uniquement pour le premier joueur n’aura aucun impact chez les casual qui ne revendent de toute façon pas leur jeux, et fera pester les gamers qui, eux, font la réputation d’un jeu sur les sites et les web rings communautaires. Au pire, on replongera tous dans les oldies, et les possesseurs de PS2 & de Super Nintendo seront trois fois bénis.
*©Zali L. Falcam.
**Quoi? Vous vouliez une image rigolote de testicouille bande d'obsédés? Y'a chatroulette si jamais, hein...
Autre regard sur le piratage dans le jeu vidéo
Cette article est une traduction de Another view of game piracy, par David Rosen, paru sur le Wolfire blog, que je vous invite à consulter si vous aimez les lapins ninjas et êtes familiers avec la langue de Toby Gard.
Ces derniers temps, on entend toutes sortes de choses sur le piratage, avec les grosses maisons d’édition qui mettent en place des DRM draconiens pour leurs utilisateurs, et accusant la piraterie comme unique responsable de la baisse des ventes PC. Je ne remets pas en question la banalité du piratage, puisque même d’honnêtes développeurs indés comme 2DBoy, vierges de tout DRM, reportent un taux de piratage de 90%. En revanche, je m’interroge sur la signification de tels chiffres. Quelle proportion de leurs revenus les développeurs perdent-ils effectivement face au piratage ?
L’assertion communément défendue par l’industrie est que les développeurs perdent 90% de leur revenu. C'est-à-dire que les pirates achèteraient le moindre jeu qu’ils ont téléchargé. De par mon expérience personnelle, je sais que c’est impossible ; la plupart des pirates que j’ai rencontré ont téléchargé assez de soft pour dépasser tout ce qu’ils pourraient gagner au cours de leur vie s’ils avaient à en payer la totalité. Une hypothèse plus plausible (quoique des plus optimiste) pose que si le piratage était stoppé le pirate moyen se comporterait comme un consommateur moyen.
Cela implique que pour déterminer la pire perte d’agent possible face au piratage, nous avons simplement besoin d’évaluer la quantité de pirates qui compose le marché. Par exemple, si les pirates composent 50% du marché, alors il est possible que vous ayez perdu 50% de votre revenu. Alors comment calcule-t-on la part de marché composée de pirates ? On se contente de ce 90%.
Piratage sur IPhone
Les développeurs sur IPhone ont également déterminé qu’environ 80% de leurs joueurs utilisent des copies piratées de leurs produits (en utilisant des téléphones craqués)¤. Ca m’a immédiatement paru bizarre : je suis à peu près sur que la plupart des utilisateurs d’IPhone n’ont jamais entendu parler de téléphones craqués. J’ai fait quelques recherches supplémentaires avant de trouver que mon intuition était juste : seulement 5% des IPhones américains sont craqués¤. Dans le reste du monde, cette quantité augmente dans les pays pauvres, mais évidemment, les IPhones y sont beaucoup plus rares. La plus haute estimation de téléphones craqués que j’ai pu trouver est 10% dans le monde. Mais s’il y en a si peu, comment expliquer que 80% des jeux soient des versions piratées ?
La réponse est simple : le pirate moyen télécharge beaucoup plus de jeux que le consommateur moyen. Donc, même si les développeurs voient que 80% des exemplaires en circulation sont piratés, 10% seulement de leurs consommateurs potentiels sont des pirates, ce qui signifie qu’ils perdent au pire 10% de leurs ventes. Si vous voulez voir un exemple technique, lisez le paragraphe suivant. Si les problèmes de maths de votre enfance vous piquent les yeux, sautez-le.
Considérons le scénario suivant. Puisque les pirates téléchargent gratuitement, ils téléchargent très régulièrement de nouveaux jeux ; peut-être 500 dans l’année. D’un autre côté, les joueurs « légaux » on tendance à rentabiliser et à jouer au même jeu assez longtemps, avec une moyenne de 5 par an. Si ça vous parait peu, souvenez-vous que vous êtes en train de lire un blog de développeur indé. Vous pratiquez probablement plus que le joueur moyen. Considérant ces statistiques, si le marché est composé de 10 millions de joueurs, alors il y a 500 millions de versions pirates, et 90 millions de jeux achetés. Si l’on prend chaque jeu individuellement, 80% de leurs utilisateurs utilisent des versions pirates. Pourtant, 10% du marché seulement est composé de pirates.
Piratage sur PC
Cela s’applique-t-il aussi aux joueurs PC (Windows, Mac & Linux confondus) ? De nombreux développeurs PC estiment que 90% de leurs joueurs utilisent des copies pirates. Mais est-ce que cela veut dire que le piratage est en train de tuer le jeu PC ? Essayons notre explication alternative, et voyons si l’hypothèse reste valable, même si seulement 20% des joueurs mondiaux sont des pirates. Le consommateur PC moyen achète à peu près 3 jeux par an, et y joue pendant un long moment¤. J’en achète beaucoup plus, et vous aussi sans doute, mais, je le rappelle, nous ne sommes pas le joueur moyen ! D’un autre côté, le joueur pirate télécharge un jeu tous les quelques jours, pour un total d’environ 125 jeux. En partant de ces chiffres, les jeux PC verraient un taux de piratage de 90% même si 20% des joueurs sont effectivement des pirates.
Ces chiffres sont-ils corrects ? Le NPD a récemment conduit une enquête anonyme montrant que 4%¤ seulement des joueurs PC aux USA admettent pirater des jeux, quantité comparable au piratage sur Xbox¤. Toutefois, puisque le piratage est inversement proportionnel au revenus, ces chiffres doivent logiquement augmenter drastiquement dans des pays comme la Russie, la Chine ou l’Inde, augmentant la moyenne mondiale. Disons 20%. Cela implique que si tous les pirates achetaient autant de jeux que le consommateur moyen, les développeurs perdraient 20% de leur rentrées d’argent.
Mais les pirates sont-ils des consommateurs moyens ?
Incidemment et à partir d’études de compagnies comme
Pourquoi le jeu PC est-il réellement en perte de vitesse ?
Alors que la plupart des développeurs reprochent au piratage leurs ventes PC en baisse, il est clair que ce n’est pas la cause du problème ; trop peu de joueurs sont des pirates et la plupart ne pourraient se permettre d’acheter des jeux de toute façon.
Il est toutefois plus facile pour les développeurs de pointer les pirates du doigt que de faire face au véritable problème : leur jeux ne sont pas fun sur PC. Ces jeux sont conçus pour la console, le portage PC une option. Ils ne sont pas adaptés à la souris et au clavier, et ne fonctionnent pas bien avec le hardware du PC. Leur champ de vision est fait pour être perçu d’un canapé distant et pas d’un moniteur proche, et leur gameplay est simplifié pour compenser ce spectre.
Blizzard est un des plus grands développeurs de jeux et des plus renommé, et il ne développe qu’exclusivement pour le PC**. Pourquoi rencontrent-ils un succès ou tous les autres faillissent ? Ils font des jeux qui sont conçus dès le départ pour fonctionner avec souris et clavier, avec tous les typesv de PC. Si les développeurs passaient plus de temps à améliorer leurs versions PC et moins de temps à se plaindre du piratage, on pourrait voir plus de bons jeux PC.
Avec la promotion du Humble Indie Bundle nous avons remarqué que lorsque nous traitons les joueurs comme des gens normaux plutôt que comme des criminels, ils répondent favorablement. Quiconque peut récupérer ces cinq jeux libres de tout DRM sans débourser le moindre écu, et les pirater autant qu’il veut. Nous n’avons aucun moyen de le vérifier et d’y mettre un terme. Mais dans les deux premiers jours, nous avons plus de 40000 contributions de 8$ en moyenne ! Aurait-on vu un tel soutien si les jeux avaient été des portages console ne fonctionnant que lorsque connectés à un serveur DRM sécurisé ? On ne le saura jamais, mais j’ai des doutes.
*60$ = 47€. Alors pourquoi est-ce qu’on paie un jeu neuf 60 putains d’euros ? Treize euros de différence, presque cent balles, quoi ! Même chose pour l’ex-natal : 150$ aux USA, 150€ en Europe… pour une différence de plus de 32€, à peu près 210 francs, voyez.
** Starcraft Ghost lol.
Mais tu vas crever salope de PC?
Tout le monde en parle et s’étripe joyeusement là-dessus, ça doit donc avoir un minimum de fond de vrai : le marché du jeu PC ne se porte plus aussi bien par rapport aux consoles. Développeurs et éditeurs accusent unanimement le piratage pour migrer sur console. Les joueurs accusent des prix trop élevés. Ayant lu des kilomètres de foire d’empoigne sans chiffre qui ne riment à rien ou à pas grand-chose, je vais reprendre les points, y ajouter mon propre grain de sel insignifiant.
1°) Piratage et vol à l’étalage.
Y’a forcément du vrai dedans, suffit de faire une recherche de crack sur la mule une bête requête google pour s’en convaincre. Se procurer n'importe quel programme sans l'avoir payé est incroyablement facile. Je ne sais pas exactement à combien ça se chiffre et quelque soient les chiffres avancés, personne ne le saura jamais parce qu’entre les torrent, le P2P et tout ce qui traîne en rapidshare (sans compter les copies mano à mano, même si ça ne se fait plus trop aujourd’hui), personne aujourd’hui n’a les moyens de TOUT surveiller pour compter les points.
D’ailleurs je crois que le terme piratage a été adopté pour ces actes pour faire culpabiliser le resquilleur. Dommage que One Piece et Jack Sparrow soient arrivés entre-temps.
Sachant également que les éditeurs font le même amalgame que les vendeurs de disque : un CD téléchargé = un CD qu’ils ne vendront pas. C’est une approximation grossière. Une portion non quantifiable téléchargent et n’achètent pas. Je ne reviendrais pas là-dessus, et même si l’acte est édulcoré par rapport à une version physique, ça revient à piquer un jeu en magasin. Mais ! Il y en a qui voulaient tester avant d’acheter. Donc okay il a piqué un jeu en magasin. Mais c’est comme s'il était revenu le payer après. Et puis il y a des gens à qui ça ne plait pas. Je sais pas pour vous, mais claquer 70€ dans une merde, je susi moyen partant. Si un bouquin ne me plaît pas, il m'a coûté 10€, un film je peux le regarder avant sur un site de streaming & un CD l'écouter sur youtube ou Deezer, donc 70 la déception, c'est un peu fort, surtout si ça me saoûle en une heure et que je ne m'en sers plus. C’est un peu comme s’ils venaient le reposer sous blister dans le magasin. (remarquez, j’ai fait ça aussi : un CD que j’avais perdu et uniquement trouvable en occasion, alors les majors s'en foutent)
Evidemment, d’un point de vue de vendeur, que quelqu’un profite de ton produit sans t’en verser ton du, ça te rend hargneux. Il est donc légitime de chercher à se protéger des malandrins. Toutefois…
2°) DRM en folie
La protection donc. Je vais sélectionner quelques exemples orientés : Chaos League. Impossible à lancer, le système de protection ne reconnaissait pas le CD, il fallait le patcher. Les jeux impossibles à installer sur de multiples machines. « Bonjour, je viens de changer d’ordi, il a cramé, donc j’en voudrais encore un autre. C’est ballot, faut que je me rachète mon jeu aussi, il aimait tellement ma bécane qu’il veut pas se réinstaller ailleurs ».
Et, bien sur les dérives. Comme on en a vu à l’époque avec les CD qui refusaient de se lire dans un auto-radio ou des trucs comme ça, le système de protection du jeu qui prenait la présence d’un lecteur virtuel sur le disque comme un piratage, l’impossibilité de faire des copies de sauvegarde et j’en passe, mais on a tous entendu des anecdotes à faire hurler de rire (ou de rage, selon le côté du clavier) sur les DRM.
Enfin, la fiabilité de l’investissement. Aucun système de sécurité n’a tenu très longtemps sur PC, et le piratage des consoles est un jeu très stimulant. Je crois que le record est d’un an, quelque chose comme ça ? Bon, ça dépasse la période où le jeu doit se rentabiliser, mais de toute façon, quelque soit le système de protection employé, celui qui veut hacker le jeu y parviendra (les gars d’Arkham Asylum ont peut-être trouvé la parade la plus ludiquement amusante pour fragger les resquilleurs, cela dit) et la DRM chiante qui entre en conflit avec votre matériel va surtout emmerder le n00b qui n’y connaît rien.
Cela dit, les DRM foireuses restent des exemples assez localisés. La plupart du temps, il n’y a pas de conflit matériel. Je le sais, j’utilise un portable depuis quatre ans pour jouer, y'a plus d'une centaine de jeu boîte qui sont passés sur ma bécane. Y compris quand il était spécifié sur la boîte que le jeu ne tournait pas sur portable. Le seul conflit matériel que j’ai eu a été Aquanox 2 et le tristement célèbre math64.dll vs Windows XP SP2, et un bug graphique avec un Dune. De ce point de vue-là, cracher sur les DRM est légitime mais uniquement dans des exemples relativement localisés. Sauf pour Ubi Soft.
3°) Pognon mignon ou le nerf de la guerre
a°) La différence fait notre force et mon cul c’est du poulet
Je préviens, là-dedans, je ne parle pas des marges que fait un éditeur. Vouloir tirer un max de blé de leur production est une attitude compréhensible même si... Hum! Bref. cette attitude fait osciller le prix entre trois pondérateurs : le piratage, le seuil de rentabilité, et le prix que le consommateur acceptera d’y mettre.
Je vais en revanche m’appesantir sur une différence entre PC et console : le prix. En fait, sur Xbox 360 et PS3, il est extrêmement difficile de pirater un jeu. Déjà, à cause des mises à jour constantes (cf Microsoft qui a détecté quelque chose comme 10 000 resquilleurs et les a littéralement obligés à se payer une nouvelle console) mais aussi par contraintes techniques. On peut tous graver un DVD. Mais un blue-ray ? Ca a tendance à tirer les prix vers le haut, parce que l’éditeur sait que si les gens veulent son jeu, ils iront l’acheter. Que la plupart n’ont pas la patience d’attendre de le voir sortir en édition économique, et ne savent pas où trouver le marché de l'occase.
Sur une machine customisable à fond les manettes dans laquelle on peut mettre tout et n’importe quoi, et où des générations de hackers se sont échinées à publier des programmes divers et variés, il est beaucoup plus difficile de contrôler si le joueur a effectivement payé la note. Tout simplement parce que le jeu peut avoir été bidouillé pour que les serveurs de l’éditeur ne soient même pas au courant de l’existence de ce joueur. Ca a tendance a tirer les prix vers le bas, parce que l’éditeur sait que si les joueurs estiment qu’ils en mettront trop de leur poche, ils le piratent, en en avant Guingan. A part ça, je préfère voir un jeu neuf à 45/50€ plutôt qu’à 70, merci pour lui. D’ailleurs, les éditions économiques en magasin, pour les jeux consoles. Elles restent à 30 ? 20 ? 15/10 si on a de la chance ? Les éditions de ce genre sur PC dégringolent directement à 20/15. Parfois on trouve des trucs bizarres, genre des offres à 10/5€. Et les jeux auxquels je pense pour cette dernière palette de prix étaient Aquanox 2, Gothic 3, Vampire Bloodlines, Silent Hill 4, Jade Empire, que des bouses voyez. Même en cas d’invendu, un magasin ne descendra jamais aussi bas pour du neuf console, sauf déstockage féroce (ex vu avec Silent Hill 2 coll & Psychonauts à 9€ chacuns).
b°) Le piratage c’est mal, mais l’occase c’est pire, on peut même pas les faire culpabiliser
Ensuite, ce qui gêne notre éditeur c’est que certains joueurs, pour limiter la lourdeur de l’investissement et qui une fois le jeu fini n’y retoucheront jamais, ces joueurs donc revendent leur jeu en occase. Marché sur lequel les éditeurs n’ont aucune prise, et ils aimeraient bien en récolter le pognon. Et s’ils ne peuvent pas, eh bien tant pis, Que personne ne l’ait et que les gens viennent raquer un max en magasin de neuf. D’où les contenus qui ne s’activent que pour le premier utilisateur et les jeux liés à un compte (pratique qui au passage flingue plus ou moins le prêt de jeu, mais passons, le bouche à oreille a d’autres moyens).
c°) Date Limite de Consommation
Je bosse dans l’alimentation, alors la première fois que j’ai entendu cet acronyme j’ai d’office pensé à ça. Pour toi néophyte, une DLC en jeu vidéo c’est l’éditeur qui te fait raquer un peu plus pour du contenu additionnel. « Bonjour monsieur, je voudrais bien les annexes et les tables chronologiques à la fin du Seigneur des Anneaux. » « Bien sur mon petit, ce sera 5€ chacun. » Je peux multiplier les analogies si vous voulez (sauf que non en fait, j’ai la flemme et ça n’apporte rien), toutefois, passé le cap des hauts cris on se rend compte que ce concept de mini add-on dérive lentement en « si tu veux voir la fin, raques mon coco », ce qui n’est pas une perspective très réjouissante. Mais la encore, ce sont des choses beaucoup plus faciles à contrôler sur console, parce que les gens capables de démonter leur machine pour monter un système parallèle qui leur permette hacker leur barda… y’en a pas des masses.
Y’a eu des tentatives pour faire raquer à mort : Microsoft avait tenté d’imposer son windows live et surtout un Vista boudé par les joueurs parce qu’usine à gaz. Mais les jeux partants pour l’aventure ont plus fait ricaner qu’autre chose : un portage de FPS daté alors que le genre est surreprésenté sur PC et un autre bridé pour permettre aux joueurs Xbox de défier des joueurs PC. Même pas besoin de dire que ça a été un flop.
4°) Falloutement, on a des chocapic
Subséquemment, comme le déclarait avec poésie et charme un responsable d’Epic Entertainment, la console est plus sure et permet de se faire plus de blé plus facilement pour une production AAA. Après, qu’on aie son opinion sur la question du piratage, et tout ça, on s’en cogne un peu, parce que ça repose en grande partie sur de l’indémontrable. En revanche, les impressions qu’on les éditeurs et les actions qui en découlent sont importantes.
Quels étaient il y a quelques années encore les genres chasse gardée du PC ?
RPG à l’occidentale, FPS, RTS, Hack’n’slash, MMO et aventure.
Quels sont les deux géants du RPG ? Bethesda (même si je les aime pas la question n’est pas là) et Bioware. Maintenant, ils sont sur console. Le PC est un portage. Le FPS on en parle même pas, la Xbox a commencé à battre en brèche ce principe avec la politique volontariste de Microsoft qui avait mis en porte-étendard d’une console outsider à l’époque (si si, rappelez-vous) un FPS ! Regardez maintenant, les FPS exclusifs au PC sont rares, la dernière grande exclu était STALKER, sorti en 2007. Même le mythique Half-Life… RTS, hack’n’slash et aventure appartiennent encore presque exclusivement au PC, mais pour combien de temps ? Je ne dis pas que c’est forcément un mal, mais on ne peut que reconnaître que les jeux AAA PC qui sortent sont pour majeure partie des portages. Même pour les RPG nés sur PC : Gothic 4 et The Witcher 2, par exemple.
Le développement est d’abord pensé console, et ensuite adapté vaille que vaille au PC. Des fois c’est bien, et des fois moins (non je ne pense pas à Oblivion, retirez cette idée de votre petite tête blonde)
5°) Please Welcome New Challenger !
La conséquence, sur PC, c’était un vide. Au début de la next gen, le PC faisait pâle figure en terme de sorties, faisant hurler de plus en plus fort les sirènes silent hilliennes du PC EST MORT ! Apparemment non. Parce qu’il est arrivé un truc que les grands éditeurs, tout à la course à l’armement pixellisé n’avaient pas forcément vu venir, c’est l’explosion des indés. D’abord sur PC parce que le développement y est plus facile, ensuite sur Xbox360 parce que Microsoft a senti le vent tourner et a tout de suite pris des mesures attractives pour attirer les développeurs. Les indés, comme leur nom l’indique, sont de petites productions indépendantes, peu chères à l’achat, avec deux ou trois zéros en moins dans les coûts de production. Toi gamer, tu sais tout ça.
Sur PC, ils se manifestent un peu partout, mais restent assez marginaux hors Steam qui fait de réels efforts pour les mettre en avant (Torchlight, Machinarium, Audiosurf et Aquaria par exemple) alors que d’autres plate-formes les foutent n’importe comment dans leur catalogue (je pense par exemple aux American Mac Gee’s Grimm sortis sur Gametap.) Les indés sont plutôt courts (Aquaria peut mettre dans les 20h à se finir quand même) et légers en masse de stockage, mais que les PCeux (dont je suis) gardent en tête que les indés ne se manifestent pas QUE sur PC : Braid c’est un portage du Xboxlive, je vous rappelle, et si tous les indés étaient sur PC on jouerait à Flower.
Ces indés donnent une sorte de nouvelle vigueur au marché. Mais ! C’est quelque chose de fondamentalement différent.
6°) Et… et alors ?
Et alors je ne pense pas que le PC soit en train de mourir en tant que plate forme de jeu parce que pour l’instant je vois mal un RTS efficace sur console, les FPS PC on encore la côte même quand ce sont des multiplateformes, mais ils n’ont plus la suprématie de la souris. C’était encore vrai quand Shadowrun est sorti en 2007, mais plus maintenant.
Je crois que le jeu purement PC est en train de se réduire en peau de chagrin en terme de genres dédiés. Les MMO sur console c’est pas encore pour tout de suite (ou alors trouvez un moyen de communiquer dans les villes sans clavier, y'a qu'à voir l'échec de Final Fantasy XI /Edit fin 2010: mais débugguez donc ce satané FFXIV, bande de frippons canaillous/). RTS et Hack’n’slash sont trop tributaires de raccourcis à la pelle et de la rapidité/précision d’une souris, donc là non plus. Même un nombre assez restreint d’unités comme Paraworld serait difficile à gérer au pad, alors Cossacks, pensez donc… Et les jeux d’aventure, ma foi, je ne sais trop. Ca viendra sûrement à un moment où à un autre, parce que ce ne sont pas les contraintes techniques qui empêchent le passage à la console de salon (vu que le stick de la DS rend la chose très jouable là-dessus), mais pour des jeux vraiment tordus comme pouvait l'être Schyzm ou Riven, un calepin et un crayon sont plus agréables quand on est installé sur un bureau). Reste les indés, mais qu’ils soient sur PC ou console est complètement aléatoire.
Donc le PC n’est pas en train de crever. Il est en train de changer. Les grosses productions vont finir par le délaisser plus ou moins parce qu’elles sont plus rentables sur consoles et ne se porter qu’au cas où, histoire de gagner quelques écus supplémentaires. Le PC deviendra une zone de plus ou moins niche où sortent des trucs moins bruyants, comme Avencast ou Paradise.
Scrapland, ou l’histoire d’une frustration.
Amis de la poésie, bonjour. Lisez le titre, et le ton est donné. Scrapland, c’est l’histoire d’un robot qui s’est fait tout seul (me demandez pas comment, j’en sais rien) répondant au doux nom de D-Tritus qui va faire un tour du côté de la ville-monde éponyme. Une ville futuriste avec des autoroutes aériennes, que des robots partout, et tout et tout. Comme tous les robots doivent avoir un emploi, notre héros se retrouve avec un job de journaliste collé aux fesses. Personne n’en veut parce que c’est super dangereux parce qu’à ce qu’il paraît, tout tourne autour de paris, de courses et de combats entre navettes ici.
C’est là que les ennuis commencent. Vous ne ferez jamais ce taf. Jamais. Vous pouvez oublier. Quand vous êtes impliqué dans une course ou un combat, vous êtes toujours aux commandes, et ce n’est JAMAIS pour couvrir l’évènement. Lorsqu’on vous donne du boulot qui a un lien avec le journalisme, c’est « va voir untel pour interview ». Et c’est tout. Généralement, on va voir untel dans l’un des bâtiments disponibles : commissariat, banque, temple, mairie, maison de presse ou chez le parieur fou. C’est là que le gameplay commence à montrer le bout de ses pattes. Dans ces zones, vous croisez divers personnages (tous génériques sans aucun trait distinctif, sauf cinq chefs et quatre autres) qui errent un peu au pif.
…
Non en fait complètement au pif, ils se balladent dans le bâtiment sans rien faire d’autre que de se fritter de temps à autre. Mais y’a pas quelqu’un qui disait au début que tous les robots sont censés avoir un boulot ? Alors pourquoi tout le monde est en train de glander partout ? D’ailleurs les chefs on les trouve à des endroits un peu improbables (pourquoi le maire est-il toujours dans un coin où y’a que des caisses entassées ?). Cela dit, vous pouvez vous télécharger dans la caboche de ces robots pour en prendre le contrôle, un peu à la manière d’un The Nomad Soul, sauf que là vous pouvez reprendre votre apparence (où n’importe quelle autre) à partir d’une base de données. A chaque apparence est liée un pouvoir qui verse à l’occasion dans la parodie : le policier extorque des fonds, le banquier pique de l’argent, le fonctionnaire se sauve à toute berzingue, le maire endort tout le monde avec ses discours, etc.
Seulement télécharger sa matrice dans quelqu’un d’autre est illégal, donc quand vous le faites, tout le monde vous court après. Et ça ne sert à rien de vouloir le faire quand il n’y a personne en vue puisque ça déclenche quand même l’alarme parce que le robot dans qui on se télécharge se respawn aux accès de la base de donnée susmentionnée. D’ailleurs à ce sujet, quand vous vous balladez dans le champ de vision d’un robot unique et que vous portez son apparence, il ne trouve pas ça bizarre. Et tout le monde vous reconnaît. Vous êtes D-Tritus, vous l’aspect d’un messager, mais vous gardez la même voix et tout le monde vous traite comme si aviez votre apparence normale !
… Je comprends pas. C’est crédible pour un personnage en particulier, mais pour aucun autre. C’est juste pas logique ! Il prend la matrice d’autres robots pour pas être reconnu ! Et puis pourquoi c’est illégal ? Okay se télécharger de force dans la tête de quelqu’un je comprends qu’ils soient pas fan, mais pourquoi ne pas avoir le droit de prendre une autre apparence sous peine de se faire dénoncer par ces yeux enchâssés dans une boule de métal couleur flic avec un doigt accusateur ? Ils ont pas d’émetteur à la police pour savoir exactement quel robot a fait quoi s’il y a litige ? Et comme tous les robots sont censés avoir un emploi, ils sont censés y être, hein ?
Enfin… Au fil des missions que procure un scénario qui progresse n’importe comment dans lequel on ne se sent pas du tout impliqué, on est amené à prendre l’apparence de l’un ou l’autre robot qui sera plus adapté (voire indispensable) pour accomplir la mission en question. Si vous voulez faire un break dans le scénario, vous pouvez tenter les paris fous du parieur du même nom, un cinglé chez qui on ne peut même pas utiliser la moindre aptitude. On sait pas pourquoi. Mais très vite vous vous apercevrez que c’est la même chose en fait, seul le but de la mission change. Prends telle apparence, utilise son pouvoir et fais ci. Ou ça. On sent qu’il y a quelques efforts consentis pour rendre la progression dans le scénario principal plus variée, mais ça revient trop souvent à faire les mêmes choses. C’est là que l’absence TOTALE d’implication se fait cruellement sentir. Les personnages uniques n’ont aucune importance, on les croise de temps en temps pour échanger trois mots, donc même si le chara design est accrocheur on ne s’attache aucunement à eux. De plus à part les paris fous (bute tant de gens sous l’apparence de D-Tritus. Assommes-en tant d’autres en infirmier. Et ainsi de suite), il n’y a rien. Pas un seul petit scénario annexe, rien pour creuser l’univers, rien.
D’ailleurs au fait, cet univers. Vous savez, la ville futuriste dont je vous parlais tout à l’heure. C’est complètement barré dans le bon sens du terme, c’est gigantesque, plein de voies de traverses, l’ambiance de ville futuriste avec ses différents quartiers (de la décharge mal famée au centre-ville) est vraiment bien foutue. On s’y ballade librement, on peut péter la gueule à des gens qui passent, ce qui fait rappliquer les flics, dont il faut se débarrasser. Pourtant, quand d’autres gugusses attaquent des navettes de gens, tout le monde s’en fout, les flics s’en branlent. La jouabilité est bien, c’est très arcade avec des power up qui traînent par-ci par-là pour redonner de la vie et des munitions à sa navette. D’ailleurs à ce sujet, les navettes. Pour l’améliorer, c’est toujours la même chose. X vous donne les plans ou le mec du garage (qui d’ailleurs se trouve à l’identique dans TOUS les quartiers de la ville avec la même config et le même robot UNIQUE à l’intérieur. Etrange) vous dit « Eh ! Y’a les plans de telle navette à tel endroit. Va me les chercher, tu verras, c’est de la balle ! » Et donc il vous faut crapahuter dans des endroits complètement incohérents dans une chasse qui ressemblerait presque à une chasse aux œufs de pâques.
Le pire c’est que la plupart des navettes sont inutiles parce que déjà complètement outrunnées quand vous vous en procurez les plans, et comme personne ne nous demande jamais de se faire passer (à si une fois en fait. Oui je suis mauvaise langue) pour quelqu’un d’autre dans la rue, on ne s’en sert PAS. D’ailleurs, si vous vous attendiez à faire des combinaisons de moteurs, de châssis et autre pour faire the navette ultime, laissez tomber. A part une navette plus rapide que les autres que j’upgradait au fur et à mesure de l’acquisition de nouveaux moteurs pour la faire aller plus vite et que j’utilisais UNIQUEMENT en cas de course pure parce que les moteurs m’obligeaient à virer l’armement et le blindage au fur et à mesure, quand vous recevez de nouveaux plans, vous pouvez oublier tout ce qui a précédé. C’est frustrant. De ce point de vue, Need for Speed Most Wanted était beaucoup mieux vu que la customisation de la puissance de la caisse était beaucoup plus poussée. Je sais pas, de vraies quêtes annexes comme la quête des perles dans Beyond Good and Evil dans des endroits annexes de la ville, histoire de mettre en scène des personnages et tout pour creuser l’ambiance !
Parce qu’outre le gameplay qui est quand même bien sympa quoique répétitif, le gros point fort de Scrapland c’est bien son ambiance. Avec ses robots qui glandent dans les bâtiments mais que interagissent entre eux, avec ses quartiers animés où on se ballade en navette, l’identité de ce jeu est forte et originale par rapport à ce qui existe sur PC (et pour ce que j’en sais, c’est valable aussi sur console) et c’est vraiment un plus appréciable qui fait sortir du lot ce jeu somme toute moyen. Mais rien pour creuser cette ambiance. Un manque cruel de contenu qui dessert vraiment. Mais vraiment ! Okay on peut faire défier n’importe qui à la course ou au combat, les différents quartiers offrent un panel de circuits assez imposant, mais ça ne fait pas tout ! Il aurait fallu des petites histoires annexes, de meilleures implications dans le scénario (d’ailleurs, tout le monde entre en communication avec D-tritus, mais pourquoi ne peut-il communiquer avec personne sauf quand on lui dit de le faire !). Exemple : à un moment, il faut piquer les données d’un robot et c’est identique à celles d’un autre, alors que c’est censé être impossible. Et le dialogue en reste là. Le héros s’en fout. Le sujet ne revient sur le tapis que bien plus tard.
Pareil quand on lui demande de faire des trucs douteux, il ne se pose jamais de question, rien de rien de rien ! Un syndrome Serge dans toute sa splendeur. Passons.
La difficulté est correcte, jusqu’à un moment où elle subit un brusque pic vers le haut pour un truc complètement idiot (un petit robot qui te force à faire une course avec les meilleurs pilotes de la galaxie parce que tu veux lui racheter un meuble où t’as planqué un truc illégal ++) et ce pic est en général maintenu, voire à des passages limites impossibles où j’ai l’impression d’y être arrivé par coup de bol plus que par maîtrise. D’ailleurs dans ce passage, une incarnation d’un schizophrène se trouve à un endroit et l’autre à un autre endroit, à faire deux choses en même temps, ce qui est littéralement IMPOSSIBLE !
Malgré tout ce bla bla, Scrapland n’est pas vraiment un mauvais jeu. C’est un jeu moyen. La maniabilité est bonne, c’est fun, original, varié, de ce point de vue là c’est bien. Mais on a aucune implication dans le scénario, on erre toujours dans les mêmes dédales de couloirs, aucun attachement vis-à-vis des personnages (je sais pas, dans Megarace 3 on arrivait au moins à mépriser le teubé qui se croyait drôle avec ses vidéos lamentables à l’orée de chaque course), on a l’impression de tourner en rond (sur une musique de merde. Je préfère même pas en parler parce qu’elle se fait discrète, peut-être parce qu’elle sait qu’elle est pas terrible).
Donc oui frustration. Parce que Scrapland avait du potentiel : avec des lieux annexes, plus de personnages et des petites histoires à côté, il aurait peut-être pu se hisser au niveau de Beyond Good and Evil. De manière très différente. Mais laisser un genre de souvenir comparable.
Frustration.
Dans cet article je ne parlerais pas d'Evil Twin
Vers 2004/05, c’était déjà évident. Aujourd’hui, ça l’est encore plus. Je pense à un temps que les frais émoulus du lycée n’ont pas vécu en direct, que les geeks et les gamers mainstream né avec la PS2 et les blockbusters n’on pas connu non plus dans toute sa splendeur. Une sorte d’âge d’or en accéléré, les années 98/01. Je suis arrivé moi-même au lycée en 99, c’est dire si ça date.
L’époque charnière du passage de la 2D à la 3D. Celle-là. Et dans le même temps, le passage des ambiances 90ies aux 00ies. Pour les cancres du fond, ce passage en Europe correspond plus ou moins au passage de dominantes SFFF tendance dark à des bidules beaucoup plus bon enfant. Voyez plutôt. Cette époque, c’est la grande période de Shiny : Sacrifice, Messiah, MDK. C’est la première apparition de Raziel dans Soul Reaver (même si l’univers de Legacy of Kain dont il est issu, sanglant et torturé quoique plus convenu, est né en 97). C’est là qu’on été édités Planescape, The Nomad Soul et Severance, c’est au début de cette période que Tim Schaeffer faisait Grim Fandango et à la fin qu’American Mc Gee a fait Alice. Au début aussi qu’est sorti le père des jeux de rôles post-apocalyptique : Fallout 2. C’est dans cette intervalle de quelques années que sont sortis Deus Ex et l’indétrônable Diablo II, que sont né Max Payne, Anachronox, Medievil, les univers pessimistes de Disciples et autres Heretic.
Pour les trucs un peu plus bon
enfant (mais avec des passages assez gores/sanglants quand même), c’est aussi
la naissance d’Half-Life, de Starcraft et la série des Gothic, dont certains
passages étaient bien plus angoissants que les passages assombris de l’Episode
1. Les plus consoleux d’entre vous évoqueraient les survival horror initiés par
Raynal en 92 avec Alone in the Dark suivis de Resident Evil avant la période
qui m’intéresse. C’est un peu le fond de commerce du jeu d’horreur de faire
peur, mais le glauque et malsain n’apparaît vraiment qu’avec Silent Hill, qui
lui tombe dans notre petit intervalle de quatre ans.
C’est aussi là que naissent Nitro
Family et les irrévérencieux Kingpin et GTA.
Passé ce petit florilège, je vais
me permettre une remarque : bien sur que oui il y a des jeux qui n’étaient
ni glauques ni barrés ni malsains à cette époque. Baldur’s Gate, Rayman (OMG
mais quelle horreur pour configurer la carte son), The Elder Scrolls, Descent
(même si on est déjà au troisième), Homeworld, les suites de Tomb Raider, Jedi
Knight, Unreal, et j’en passe.
En fait, ma vraie question, c’est
pourquoi ?
Evidemment que ce n’est pas tout
à fait vrai, mais des trucs aussi barrés, jusque vers fin 2009, y’en avait
quasiment plus. Bien sur que je ne les connais pas tous et qu’il y en a aussi
sur consoles. Mais un truc comme Fairy Fights tiens plus du délire Lapin Crétin
(en moins crétin, justement) que de la violence de Severance sauce cartoon. Y’a
eu des trucs comme Shadow Hearts, Dead Space, Bioshock, Prey (qui aurait du
sortir dans ma période chérie si le temps de développement n’en avait pas fait
un vaporware pendant plus d’une demie-décennie), mais rien ne m’a mis aussi mal
à l’aise que de voir les âmes arrachées à leur corps dans les rituels de
Sacrifice… Pour le reste, c’est des suites qui sont nées à cette époque :
GTA, Half-Life, Deus Ex, Diablo, Starcraft, Max Payne, Disciples, Gothic et
tout le bouzin. Après je ne dis pas que ce sont de mauvais jeux, mais
pourquoi ?
Pourquoi, au moment du passage à
la 3D (même si certains des jeux cités sont encore en 2D, souvent isométrique
d’ailleurs), un tel engouement sur le gore, le malsain, bizarre, le barré,
toussa toussa ?
Je ne sais pas. Ces années-là
étaient en même temps un tel foisonnement que fatalement, il devait y avoir des
trucs de ce genre qui sortaient. Mais autant ? Pourquoi autant ?
Et surtout, pourquoi le creux énorme qui a suivi dans la new-gen et le début de la next-gen, si pauvres en nouveautés foisonnantes et surprenantes par rapport à la période précédente. La, ils ont l’air d’être en train de se réveiller. Ces deux/trois dernières années, la diversité est en très nette augmentation, merci aux indés. Mais pas que. Un survival horror dans l’espace ? J’en avais pas vu depuis Martian Gothic. Un RPG occidental de Space opera ? J’en avais plus vu depuis Anachronox (qui étais d’ailleurs le seul que je connaissais ; Harbringer et Space Siege sont des hack’n’slash ET des daubes, donc c’est pas la peine de les compter). Un RPG qui remet en scène des factions qui ne sont ni bonnes ni mauvaises ? Qui parle de racisme, de crise économique, de vraie épidémie (lol Nerverwinter Nights. Genre il y a un scénario) ? Hum… Ca rappelle aux bons souvenirs d’Arcanum, de Planescape et de Fallout, tout ça…
Mais je ne sais pas… il reste quand même quelques relents de politiquement correct qu’on ne retrouvait pas forcément à l’époque. Vous imaginez un RPG simplement déconseillé aux moins de douze ans (les normes PEGI n’existaient pas à l’époque) où on peut devenir une star du X, on peut se marrier (y compris un mariage homosexuel, doux Jésus Marie Joseph) et forcer son conjoint faire le tapin, où il y a tout un tas de relations à la drogue, une parodie de l’Eglise de Scientologie ? Ouais hein… Aujourd’hui on a un FPS avec une scène dans un aéroport censurée dans certains pays où des otages se font flinguer, mais où on ne peut rien faire de particulier alors que l’idéal aurait été de construire un scénario à embranchements à partir de là (participer à la fusillade ; ne pas participer ; s’opposer aux terroristes et foutre sa couverture en l’air, etc.)
Je crois que le plus marquant se trouve dans les hack’n’slash. Pour le profane, on choisit un personnage pour une histoire en carton-pâte, et on va casser du monstre. Plein. Beaucoup. L’intérêt de ce genre de jeu, c’est la montée en puissance, l’action rapide, et le loot (euh, l’équipement qu’on récupère sur les dépouilles). Et pour les gus dans mon genre l’univers dans lequel on évolue, aussi. Dans le monstre sacré (Diablo, donc), y’a des cadavres éventrés sur des tables de torture, des explosions sanglantes, tout le tintouin. C’est en vue 2D isométrique, donc ça créée un éloignement, mais c’est assez gore. Et bien, dans les successeurs (de Dungeon Siege à Silverfall en passant par Sacred et Loki) tout cet aspect sanglant a disparu. Dans Titan Quest, pas une seule goutte de sang malgré les milliers de bestioles défouraillées sur la route. Le seul Hack’n’slash récent que j’ai vu faire ça était Torchlight, qui malgré son look cartoon wowesque sur les bords est le H’n’S le plus sanglant que j’aie vu depuis Diablo 2.
Même son de cloche chez les jeux
d’action-aventure et beat’em all affiliés : même le barbare God of War,
avec ses QTE sanglantes et brutales (arracher des ailes, crever un œil de
cyclope, tout un tas de finishing moves aussi jouissifs que violents)
n’arrivent pas au niveau de sensation qu’on a dans Severance à trancher un
membre, ranger son arme, ramasser le membre tranché et tabasser les ennemis
restants au moyen d’icelui. Pourtant les sabres laser ça tranche tout net,
hein ? Jedi Knight, quelqu’un ? Force Unleashed ? Mais non, ça
risque de salir le tapis, et les enfants, vous comprenez : si on fait un
blockbuster d’une licence aussi fondamentale, on peut pas en rompre les codes
de bon enfant(illage). Au niveau des séries qui existent encore aujourd’hui,
Prince of Persia est assez marquant : dans le premier volume on pourfend,
on saigne ses tripes, on se fait transpercer de partout, on se fait broyer,
découper en morceaux, et dans les derniers (oui, bah Les Sables Oubliés c’est
le huitième mon petit), on cogne dans du sable (okay, là c’est normal que ça
saigne pas, je passe) mais on ne saigne pas quand on se fait trancher,
WTF ? Même son de cloche côté FPS avec Half-Life, il n’y a pour ainsi dire
plus de jus de myrtille qui jaillit quand on perfore du combine soldier.
Heureusement y’a eu Condemned.
En revanche, Fairy Fights, Madworld et Dead
Space.
Encore une fois, je dérive. Je
suis parti de l’âge d’or du dark/glauqe/bizarre pour en arriver sur l’évolution
du sang dans le jeu vidéo. D’ailleurs, truc amusant, en Allemagne, le sang est
vert.
En fait, chose que j’ai cru remarquer
cet après-midi, on fonctionne par périodes. Enfin, je veux dire, les 98/01
(avant je sais pas j’étais pas là, et c’est dur de juger après à cause des
innombrables jeux sombrés dans l’oubli) c’était le cyber, le dark, le glauque,
moribond, décalé, bizarroïde. La période d’après, sur la vague Seigneur des
Potter était Heroic Fantasy, y’a eu un genre de piétinement exploration pendant
peut-être un an et demi, et maintenant, place au post-apocalyptique :
annoncés par des merdes (Shadow Vault, Metalheart) et du moyen sympa (The
Fall : Lasy Days of Gaïa) et du très bon (Half-Life² ; ben oui mon
petit, la Terre est tombée sous le joug d’extraterrestres qui la réduisent à peau de chagrin)
maintenant c’est fuckfest : Borderlands, Oblivion 40000 Fallout 3 (dix
ans entre le 2 et le 3 quand même, après crapahutage de la licence, un 3
avorté, etc.), et maintenant Stalker, Metro 2033, Rage, et tous les autres.
Bon après faut pas généraliser
non plus, dans l’interrègne de la new-gen, il y a eu pas mal de FPS et RTS deuxième
guerre mondiale, mais sur PC, une fois que tu ne voulais ni de
Résultat, une saturation de jeux oubliés et de suites, mais surtout l’émergence des éditeurs de niveaux. Ca existait déjà avant (cf le célèbre Counter-Strike, c’était un mod à la base. Gunman Chronicles aurait du le rester, même s’il était sympa. Hum !), mais ça ça a commencé à poussé comme une armée de champignons en folie à la charnière entre la new-gen et la newt-gen. Même quand le jeu n’était pas modable en interne, on trouvait du contenu additionnel non officiel sur le net.
New ? Newt ?
Next ? Toi, n00b, je te sens perdu. Petit encart historique. Dans la belle
histoire des jeux vidéo, il y a eu les années 90. La Snes vs la Mega-Drive, avec quelques outsiders oubliés. Puis la Playstation qui a écrasé la N64 et surtout la Saturn, puis la PS2 qui dominait le marché comme jamais console ne l'a fait, en laissant des miettes à la Xboxpénis bit. 8bits =
Nes et Master
System, 16bits = Snes et Megadrive, et pour la N64, devinez tous seuls,
z’êtes pas si stupides.
Bref.
Personnellement, j’ai tendance à
associer l’émergence des indés au développement d’internet et au foisonnement des
mods.
1°) Déjà parce que c’est un bon
outil d’apprentissage, ensuite parce que RPG maker existait déjà, mais il était
très insuffisant (ou horriblement compliqué) dès qu’on voulait faire quelque
chose d'autre qu'une zone avec des combats aléatoires. Rappelez-vous, quelques éditeurs de jeux étaient sortis il y a
longtemps, faisant croire au chaland qu’il allait rivaliser avec les grandes
productions en deux temps trois mouvements. Sans connaître le Dark Basic sur le
bout des doigts.
2°) Parce qu’un mod peut
complètement relancer l’intérêt d’un jeu (regardez les TES ou même un bon vieux
Baldur’s Gate) voire carrément constituer un nouveau jeu (genre les mods
Babylon 5 de Nexus par exemple, ou mieux encore, un mod de Farcry que le transformait
en Myst-like, ou encore le mod Eclipse d’Half-Life²)
3°) Ensuite, au niveau du net,
parce que le développement des connexions a permis l’explosion des jeux flash
(me regardez pas comme ça genre je sais pas ce que c’est vous avez tous dégommé
un manchot en lui donnant des coups de massue). Sauf que le flash ne sert pas
qu’à faire des petits jeux à la con, il a produit de vrais chefs-d’œuvres pour
quelques dizaines de milliers de dollars (Samorost, QuantZ, Aquaria dont je
suis présentement en train d’écouter la
BO puisque ma vie te fascine, petit sakakakophile, etc.).
Seulement y’a fallu que ça macère pendant le « creux » de la new-gen
qui a mon sens correspond plutôt à une période de macération. Si vous doutez de
la vitalité de la scène indépendante, faites un tour sur Steam et regardez les
jeux à moins de 20$. Ou de 15€.
Seulement pour ça, il a fallu que la vente dématérialisée fasse son petit bonhomme de chemin dans la tête des utilisateurs. Rappelez-vous, qui parmi-vous a acclamé Steam à sa sortie en 2004 (en même temps à l’époque c’était une putain d’usine à gaz) ? Combien d’entre nous ont hurlé au scandale à l’idée de devoir activer un jeu sur le net pour pouvoir en faire la campagne solo ? Pourtant regardez maintenant. Entre Steam, Gametap, GoG et tous les autres pourvoyeurs de dématérialisé, c’est la course parce que le dématérialisé fait recette maintenant que les débits internet le permettent. Et je parle même pas du Xboxlive, du PSN ou du Wiistore. Et là-dedans, les indés peuvent se faire un nids et un nom, parce qu’ils n’ont pas besoin de toute la logistique financière pour faire une sortie boîte.
Et comme il coûtent moins cher, ils peuvent se permettre une prise de risque plus élevée (bon l’éditeur de Bioshock était sur et certain que le jeu allait se planter, donc il leur a dit « ok lâchez-vous les gars. Un blockbuster d’auteur ça compte pas », et mécaniquement, ce plus de diversité a attiré l’attention. Comme ça marchait bien pour les bons jeux (parce que faut pas croire, hein… c’est pas parce que c’est indé que c’est bien. Cela dit l’impossibilité d’entuber le chaland par un roulage de mécanique numériques et une pléthore d’effet a tendance à lever le niveau vers le haut) qui se permettaient d’explorer de nouveaux concepts de narration (World of Goo et Braid, par exemple).
Et quand un décideur voit un créatif* qui a des idées qui fonctionnent quand on le laisse complètement s’exprimer, notre décideur aurait tendance à le laisser faire parce que le souci principal du bonhomme, c’est de rentabiliser l’investissement, rien d’autre. C’est pas une histoire de destruction de la créativité, c’est une histoire de rentabilité parce que de la rentabilité d’un produit dépend la santé de son entreprise, donc de la stabilité de l’emploi des gens qui en vivent. C’est aussi simple que ça.
Oui ça finit en queue de poisson. Et alors ?
* Je tiens toutefois à préciser une chose. Un programmeur n’est pas qu’un technicien. C’est un créatif. Un chef de projet n’est pas qu’un administratif. C’est un créatif. Et un Game Designer est un technicien et un amalgameur.
